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Incendies en Gironde : une facture assurée qui approche déjà 500 millions d’euros

Les grands incendies qui ont frappé la Gironde, les Landes et le Var depuis le 21 juillet représentent déjà près de 500 millions d’euros de dommages assurés. Derrière cette première estimation nationale, fondée sur environ 25 000 sinistres, la Gironde concentre une part majeure du choc humain et économique, notamment au Porge et autour du massif touché par le feu de Saumos.

Arbres et sol calcinés après un incendie de forêt
L’ampleur exceptionnelle du mégafeu entraîne simultanément des centaines de dossiers d’habitation, de véhicules et de pertes d’exploitation. –

Une facture sans commune mesure avec les feux de 2022

Le premier bilan arrêté à partir des déclarations remontées jusqu’à la mi-août donne l’échelle du désastre. Près de 500 millions d’euros de dommages assurés sont désormais estimés pour les trois départements touchés. Le montant pourrait encore évoluer, car des dossiers restent en cours d’instruction et certaines pertes ne peuvent être évaluées qu’après une expertise complète.

La comparaison avec l’été 2022 est saisissante. Les feux de forêt survenus en France entre juin et septembre avaient alors entraîné environ 2 000 déclarations, pour un coût proche de 80 millions d’euros. En 2026, le nombre de dossiers est plus de douze fois supérieur. L’ampleur financière rejoint ainsi la violence territoriale de l’événement, avec des quartiers évacués, des bâtiments détruits et des activités durablement interrompues.

Les particuliers portent l’essentiel des dossiers

Sur les quelque 25 000 sinistres recensés, environ 21 000 concernent les biens des particuliers. Ce total intègre les logements, leur contenu et les frais de relogement. La profession indique que près de 30 000 personnes ont bénéficié de la prise en charge exceptionnelle prévue après les évacuations ordonnées par les autorités. Pour les familles girondines, l’indemnisation constitue désormais une étape centrale de la reconstruction.

Factures, photographies et inventaires des biens détruits doivent être rassemblés afin d’étayer les dossiers examinés par les assureurs et leurs experts. – Crédit : SDIS

Les entreprises, artisans, commerçants, agriculteurs et collectivités représentent près de 3 000 déclarations supplémentaires. Parmi elles figurent plus de 1 800 dossiers de pertes d’exploitation, évalués à près de 30 millions d’euros. Une activité peut en effet avoir été stoppée sans que ses bâtiments aient directement brûlé : route coupée, clientèle absente, évacuation, panne de réseau ou impossibilité d’accéder à un site suffisent à fragiliser durablement une saison.

Au Porge, les représentants des assurances ont tenu des permanences du 3 au 19 août au sein de la Maison France Services Victimes. Les experts avancent parallèlement sur les dossiers d’habitation et d’entreprise nécessitant une visite. La rapidité des premiers constats ne signifie toutefois pas que tous les montants sont définitivement arrêtés : devis, garanties, franchises et valeur des biens doivent encore être examinés au cas par cas.

Ce que les sinistrés doivent conserver

Pour les personnes touchées, chaque pièce justificative compte. Photos prises avant et après le feu, factures, garanties, relevés bancaires, inventaires et devis peuvent aider à documenter les pertes. La fiche de Service-Public consacrée à la déclaration et à l’indemnisation d’un sinistre incendie rappelle également qu’il faut conserver, lorsque cela reste possible et sans danger, les objets endommagés jusqu’au passage de l’expert.

Pour les habitants comme pour les professionnels, la constitution d’un dossier précis peut faciliter l’expertise et le calcul de l’indemnisation proposée.

Le ministère de l’Économie rassemble par ailleurs sur une page dédiée aux aides après les incendies les dispositifs destinés aux ménages, aux salariés et aux entreprises. Les sinistrés y trouvent notamment les mesures fiscales, sociales et administratives mobilisables selon leur situation.

Ces 500 millions d’euros ne décrivent que les dommages couverts par les contrats. Ils ne mesurent ni la totalité des pertes environnementales, ni le bouleversement touristique, ni le temps consacré aux démarches, ni la détresse des personnes déplacées. En Gironde, la facture définitive dépassera donc largement le seul bilan des assureurs. La reconstruction se comptera aussi en mois de travaux, en entreprises à relancer et en vies à réorganiser.

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