Sur les plages girondines, l’alerte à la cocaïne a changé la fréquentation du littoral. Des personnes ne sont pas venues pour marcher face à l’océan : elles cherchent d’éventuels ballots. À Carcans, des motos et des quads ont emprunté les dunes ; au Porge, la commune a interdit l’accès à ses plages. Les élus décrivent une situation qui dépasse la simple curiosité provoquée par une rumeur.
Une alerte en mer, des recherches à terre
Tout part d’un renseignement évoquant une cargaison de cocaïne qui aurait été perdue au large de la côte atlantique. Le chiffre de 15 tonnes circule depuis le début de l’alerte, mais il ne correspond pas à une quantité retrouvée sur les plages. France 3 indiquait le 29 octobre qu’aucun élément ne confirmait encore l’arrivée de ballots sur le rivage. Les gendarmes surveillent donc le littoral pour vérifier le signalement et prévenir toute récupération.

À Carcans, le maire Patrice Marchand rapporte l’arrivée de dizaines de personnes. Il décrit des motos et des quads circulant sur les dunes, ainsi qu’un quad incendié et d’autres véhicules abandonnés. L’élu évoque la possibilité que certains soient volés, sans présenter cette hypothèse comme un fait établi. Ce qu’il constate, en revanche, est bien réel : la pression sur des espaces naturels que la commune ne peut surveiller seule.
À Carcans et au Porge, les dunes sous pression
Le même décalage apparaît au Porge. Selon le maire interrogé par France 3, les caméras ont montré environ 200 lumières se déplaçant sur la plage pendant la nuit. La municipalité a pris un arrêté interdisant, depuis le 28 octobre et jusqu’à nouvel ordre, l’accès aux plages, aux parkings et aux zones dunaires. La baignade et les activités nautiques ont également été suspendues. Le nettoyage de plage prévu le 31 octobre a dû être annulé.

Ces faits racontent une recherche de marchandise potentielle, et non une promenade improvisée. Dans les Landes, France 3 a aussi recueilli le témoignage d’élus signalant une fréquentation nocturne inhabituelle et des véhicules installés dans des secteurs interdits. Des contrôles de personnes ont été effectués sur les plages. Cette mobilisation n’autorise toutefois pas à attribuer à tous les visiteurs la même intention : certains promeneurs sont là pour l’océan, d’autres semblent espérer trouver un colis.
Les maires se trouvent face à un problème concret. Fermer une plage réduit les déplacements dans les secteurs sensibles, mais pénalise aussi les familles, les surfeurs et les vacanciers. À Carcans, Patrice Marchand explique qu’un arrêté municipal ne suffirait pas forcément à arrêter les personnes déterminées à passer. Au Porge, la décision a été prise pour protéger à la fois le site naturel, les commerces et les habitants.
Ce que l’on sait des personnes venues sur les plages
La provenance des personnes qui parcourent les plages n’est pas établie dans les informations publiées par France 3. Rien ne permet, à ce stade, de les rattacher à une ville, à un quartier ou à un réseau précis. Le point documenté est leur présence, parfois nocturne et motorisée, dans des zones surveillées. C’est sur cette réalité que se fondent les patrouilles et les décisions des communes.

La vigilance des communes s’explique aussi par des précédents. En novembre 2019, plusieurs villes du littoral girondin avaient déjà restreint l’accès à leurs plages après l’arrivée de cocaïne sur la côte. Cette fois, le scénario reste hypothétique, mais les autorités savent qu’un ballot échoué peut attirer très vite des personnes prêtes à le récupérer. La surveillance vise précisément à intervenir avant elles.
Pour les riverains, l’incertitude reste entière : un signalement en mer peut déclencher des recherches sans qu’un seul ballot arrive sur le sable. Les autorités cherchent à empêcher qu’un éventuel colis tombe entre les mains de particuliers. Quiconque découvre un paquet suspect doit s’en éloigner et prévenir immédiatement les forces de l’ordre. En attendant des faits matériels, l’histoire du littoral girondin est celle d’une alerte, de recherches intensives et d’élus contraints de protéger leurs plages.
France 3 Nouvelle-Aquitaine a recueilli les témoignages des élus et détaillé le dispositif de surveillance.
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