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En Gironde, des viticulteurs contraints de vendre des terres transmises depuis des générations

Face à la crise viticole qui frappe le Bordelais, la Gironde lance une vaste opération de restructuration foncière pour racheter des parcelles de vignes arrachées ou en friche. Mais derrière l’urgence économique, de nombreux viticulteurs vivent ce dispositif comme un déchirement personnel, pris entre dettes, héritage familial et peur de perdre une terre transmise depuis des générations.

Une restructuration accélérée dans un vignoble en crise

Le dispositif baptisé “Foncière d’avenir en Gironde” marque une nouvelle étape dans la crise profonde du vignoble bordelais. L’objectif affiché est clair : racheter des terres viticoles devenues difficiles à exploiter afin de restructurer le territoire agricole et encourager de nouvelles cultures.

Face à la crise viticole qui frappe le Bordelais, la Gironde lance une vaste opération de restructuration foncière pour racheter des parcelles de vignes

Depuis plusieurs années, la baisse de la consommation de vin, l’endettement des exploitations et la chute des prix fragilisent des centaines de propriétés girondines. Des milliers d’hectares de vignes ont déjà été arrachés et les pouvoirs publics veulent désormais éviter que ces terres restent à l’abandon.

Pour cela, un appel à manifestation d’intérêt a été lancé afin d’identifier rapidement les parcelles susceptibles d’être vendues, échangées ou restructurées. Mais le calendrier très serré surprend de nombreux viticulteurs, sommés de réfléchir en quelques semaines à des décisions qui engagent parfois toute une histoire familiale.

Car pour beaucoup, céder une vigne ne ressemble pas à une simple transaction immobilière. Derrière chaque hectare, il y a souvent plusieurs générations de travail, un patrimoine affectif et une identité profondément liée au territoire.

Entre détresse économique et attachement aux racines

Dans les campagnes girondines, la crise viticole ne se résume plus seulement à des chiffres ou à des hectares arrachés. Elle touche directement des familles qui voient disparaître un modèle agricole parfois centenaire.

Certains exploitants reconnaissent ne plus avoir d’alternative viable économiquement. D’autres hésitent encore, malgré des exploitations déficitaires, tant l’idée de vendre ou d’abandonner les vignes reste douloureuse.

Le projet de foncière veut pourtant préparer “l’après-vigne”, avec des pistes de diversification agricole : céréales, maraîchage, élevage, agroforesterie ou nouvelles cultures adaptées au changement climatique.

Ce dispositif marque une étape supérieur dans la crise que traverse la viticulture girondine.
© Sciences et avenir

Mais sur le terrain, beaucoup redoutent une transformation brutale du paysage viticole girondin. Certains craignent aussi que les terres quittent progressivement les mains des familles agricoles pour entrer dans une logique plus financière ou institutionnelle.

En Gironde, la restructuration du vignoble apparaît désormais inévitable. Reste à savoir si elle pourra se faire sans fracturer davantage un monde viticole déjà profondément fragilisé.

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