Le FIFIB rompt avec UGC Bordeaux et lance sa quinzième édition dans de nouveaux lieux
Le Festival international du film indépendant de Bordeaux change de décor et défend plus nettement son identité. Du 2 au 7 novembre, le FIFIB tiendra sa quinzième édition sans UGC Bordeaux, partenaire historique, tandis que le groupe organise aux mêmes dates sa propre manifestation. Ce face-à-face inédit révèle un désaccord plus large sur la place du cinéma indépendant dans la ville.
Deux festivals sur les mêmes dates
La rupture a été annoncée au printemps. Après quatorze éditions construites avec UGC, le festival a choisi de déplacer ses projections et de réorganiser son implantation bordelaise. Une salle du Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine rejoint le dispositif, l’Utopia prend une place plus importante et un village sera installé square Dom-Bedos. Le changement touche donc à la programmation, aux lieux et à l’expérience du public.
La situation s’est tendue lorsque UGC a annoncé un nouveau festival du 2 au 7 novembre, soit exactement pendant le FIFIB. La proximité ne s’arrête pas au calendrier : plusieurs films doivent se retrouver dans les deux programmations. Le public bordelais fera ainsi face à deux propositions concurrentes, organisées dans la même ville et sur un terrain éditorial en partie commun.
Pour le FIFIB, ce chevauchement ne relève pas d’un simple hasard de programmation. L’équipe défend un projet fondé sur la découverte, l’accompagnement d’auteurs et la circulation d’œuvres indépendantes. Elle inscrit aussi sa décision dans une réflexion sur la concentration économique du secteur culturel. En mai, le festival avait signé l’appel « Zapper Bolloré », rejoint par environ 2 800 professionnels.

Un retour vers les lieux culturels bordelais
Le rapprochement avec le TnBA marque un retour aux origines. Le théâtre avait accueilli les trois premières éditions. Son intégration au parcours 2026 permet au FIFIB de s’appuyer sur un établissement culturel identifié tout en quittant le modèle d’un rendez-vous concentré dans un seul complexe. Le programme et les informations pratiques seront publiés sur le site officiel du FIFIB.
L’Utopia devient de son côté un partenaire central. Le cinéma de la place Camille-Jullian est déjà associé à la diffusion de films d’auteur et à des rencontres régulières. Cette alliance correspond à la ligne éditoriale du festival. Elle ne garantit pas une transition facile : les capacités des salles, les déplacements entre les sites et la lisibilité du programme seront observés de près.

Le square Dom-Bedos comme point de ralliement
Le nouveau village installé square Dom-Bedos doit servir de lieu de rencontre entre les séances. Ce choix rapproche le festival du quartier Sainte-Croix et de plusieurs équipements culturels. Le FIFIB cherche ainsi à exister dans l’espace urbain, au-delà des écrans, avec un point identifiable pour les professionnels, les invités et les spectateurs.
Cette organisation éclatée peut devenir une force si elle facilite les échanges, mais elle impose une coordination précise. Horaires, billetterie et trajets devront être clairement présentés. Le TnBA et les autres partenaires accueilleront une partie de cette édition redessinée, dont l’équilibre se mesurera aussi dans la circulation entre les lieux.

Une édition qui engage l’avenir du FIFIB
À quinze ans, le festival aborde une édition décisive. Son indépendance ne se joue plus seulement dans la sélection des films, mais aussi dans le choix de ses partenaires, de ses salles et de son modèle de diffusion. La concurrence directe d’UGC donnera une visibilité particulière à cette transformation, sans permettre d’en mesurer immédiatement les effets durables.
Pour Bordeaux, l’épisode pose une question simple : comment plusieurs événements peuvent-ils défendre le cinéma sans brouiller l’offre ni fragiliser les structures qui l’animent toute l’année ? Le résultat dépendra de la singularité réelle des programmations et de la réponse du public. Du 2 au 7 novembre, les chiffres de fréquentation compteront, mais la capacité du FIFIB à conserver une identité reconnaissable sera tout aussi déterminante.
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