Après le gigantesque incendie de Saumos, un ancien sapeur-pompier volontaire souhaite créer en Gironde une réserve départementale d’anciens pompiers. L’objectif serait de recenser des personnes expérimentées, de vérifier leurs aptitudes et de pouvoir les mobiliser rapidement dans un cadre sécurisé. Cette proposition ne vise pas à remplacer le SDIS, mais à apporter un renfort organisé lors de situations exceptionnelles.
Un potentiel humain aujourd’hui difficile à mobiliser
Jonathan Es a servi pendant dix ans comme pompier volontaire, notamment à Gujan-Mestras et à Blaye. Lors de l’incendie de Saumos, il a proposé son aide, comme d’autres anciens soldats du feu. Mais sans statut, contrôle d’aptitude ni assurance adaptés, les services de secours ne peuvent pas engager une personne simplement parce qu’elle se présente. Cette limite rappelle que la lutte contre les feux de forêt exige une chaîne de commandement claire et des personnels protégés.

Une réserve encadrée, pas un service de secours parallèle
Le projet consisterait à constituer un fichier départemental d’anciens pompiers volontaires, professionnels ou militaires. Leurs compétences, leur condition physique et leur disponibilité seraient vérifiées. Ils pourraient ensuite être appelés pour des missions définies : logistique, alimentation en eau, soutien aux centres de secours ou surveillance, sans intervenir spontanément au cœur d’un incendie.
L’idée centrale est de créer un complément mobilisable rapidement et en sécurité, placé sous l’autorité des structures existantes. Le SDIS de la Gironde demeure le service compétent pour organiser les opérations, informer sur les risques et recruter les sapeurs-pompiers volontaires.

Éviter que les volontaires deviennent eux-mêmes des victimes
Les grands incendies suscitent une forte solidarité. Agriculteurs, chasseurs, habitants et entreprises apportent souvent une aide précieuse. Mais une intervention improvisée peut exposer des personnes mal équipées et compliquer le travail des secours. Une réserve d’anciens professionnels permettrait, selon ses promoteurs, de canaliser une partie de cet élan vers des missions adaptées aux compétences réellement disponibles.
Une proposition qui doit encore trouver son cadre
Pour devenir opérationnelle, la réserve de pompiers en Gironde devrait être discutée avec le SDIS, les collectivités, les services de l’État et les assureurs. Son financement, son statut juridique, la formation continue et la responsabilité de chacun constituent des questions indispensables. La préfecture de la Gironde publie les consignes officielles de sécurité et les informations liées à la protection des populations.

Le débat dépasse donc la seule mobilisation d’anciens pompiers. Il pose la question de la préparation d’un territoire confronté à des feux plus vastes et plus rapides. Si elle est étudiée, cette initiative devra conserver une priorité absolue : renforcer les secours sans créer de risque supplémentaire.
À lire aussi : Mégafeu en Gironde : Sébastien Lecornu attendu à Bordeaux ce lundi




