Le dossier des Girondins connaît un nouveau mouvement ce vendredi 28 août. Après une réunion sans décision la veille, le Comité exécutif de la FFF a lancé une consultation de ses membres. L’enjeu est désormais de savoir si l’instance accepte de rouvrir la procédure et de permettre un nouvel examen de la situation financière du club bordelais, toujours exclu des championnats nationaux.

Un vote après deux heures de discussions
Jeudi matin, les 27 membres du Comex se sont retrouvés en visioconférence pour un point consacré à Bordeaux. Ils ont reçu plusieurs pièces nouvelles : le jugement du tribunal de commerce homologuant le plan de continuation, les engagements présentés par les investisseurs et une analyse juridique défendant la capacité de la Fédération à agir. La réunion, longue de près de deux heures, s’était pourtant achevée sans position définitive.
La consultation lancée vendredi transforme ce temps d’information en séquence de décision. Les élus fédéraux doivent maintenant se prononcer sur la suite à donner au dossier. Le résultat ne vaudrait pas, à lui seul, validation financière du projet de reprise. Il pourrait toutefois autoriser une nouvelle étape devant le gendarme financier du football français, seule instance capable d’examiner précisément le budget et les garanties apportées.
Pourquoi le jugement commercial a changé la donne
Le 25 août, le tribunal de commerce de Bordeaux a homologué l’accord construit autour de Sparta Capital, Park Bench et Dominique Delport. Cette décision ne peut pas imposer une réintégration sportive, mais elle donne une existence juridique au montage destiné à préserver l’activité. Le projet prévoit notamment 10,6 millions d’euros placés sous séquestre, avec un déblocage lié à une participation en National 1.
Le débat porte donc moins sur l’existence des fonds que sur la possibilité de prendre en compte des éléments arrivés après l’audience d’appel de la DNCG. Le jugement expliqué par le tribunal administratif de Paris rappelle pourquoi le recours en urgence avait échoué : les garanties financières avaient été produites après le calendrier initial de contrôle.

Une porte vers la DNCG, pas encore vers le championnat
Si la consultation aboutit favorablement, les Girondins ne retrouveront pas automatiquement le National 1. Le Comex pourrait demander à la DNCG de convoquer le club afin d’étudier les ressources disponibles, le financement de la saison et la solidité du plan à moyen terme. Un avis positif constituerait donc une réouverture du dossier, pas son dénouement.
Cette nuance compte alors que les championnats ont commencé et que l’effectif poursuit son entraînement au Haillan. Le calendrier sportif se resserre, les contrats restent suspendus à la division retenue et le projet de reprise a été présenté comme dépendant du maintien à l’échelon national. Le communiqué officiel des Girondins sur les démarches engagées après la décision de la DNCG retrace la mobilisation du club pour obtenir un nouvel examen.

Une urgence sportive et économique
Autour de la table fédérale, les conséquences d’un refus dépassent le classement d’une équipe. Une liquidation toucherait les salariés, les créanciers, le centre de formation et tout le football girondin. La disparition du principal club professionnel du territoire créerait aussi un vide sportif durable dans une région déjà peu représentée au plus haut niveau.
À l’inverse, une réouverture impose de préserver l’équité avec les autres clubs déjà engagés. C’est précisément ce que les membres du Comex doivent arbitrer. La consultation de ce vendredi peut offrir une dernière voie procédurale, mais Bordeaux devra encore convaincre financièrement. Après des semaines de recours, le feuilleton se rapproche enfin d’un choix assumé par la Fédération.
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