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Lycées bloqués à Bordeaux : l’entrée de François-Mauriac incendiée, vingt personnes en garde à vue

La mobilisation lycéenne a pris un tour grave ce jeudi 1er octobre à Bordeaux. L’entrée du lycée François-Mauriac a été détruite par un incendie et l’établissement restera fermé au moins jusqu’à la fin de la semaine. Plusieurs autres lycées ont été bloqués en Gironde, tandis que le parquet faisait état, en fin d’après-midi, de vingt personnes placées en garde à vue. Les élèves mobilisés dénoncent leurs conditions d’étude.

Les blocages ont touché plusieurs lycées de Bordeaux et de Gironde jeudi 1er octobre, sur fond de revendications concernant les conditions d’apprentissage. Crédit : Clément Carpentier Ici Gironde

Lycées bloqués à Bordeaux : une vingtaine d’établissements concernés

Barricades de poubelles, accès cadenassés et banderoles : une vingtaine de lycées girondins ont connu des blocages jeudi matin. Dans Bordeaux, les rassemblements ont touché notamment Gustave-Eiffel, Montaigne, François-Mauriac et les Menuts. Des élèves se sont également mobilisés devant Sainte-Marie-Bastide, sur la rive droite, et Victor-Louis à Talence.

Devant Gustave-Eiffel, des gendarmes mobiles étaient déployés après les tensions de la veille. Mercredi, des tirs de mortiers d’artifice et l’usage de gaz lacrymogène avaient marqué les abords de cet établissement. Jeudi, les manifestants étaient de nouveau présents, dans un climat de surveillance renforcée. À Montaigne, les entrées avaient été entravées par des chaînes et des poubelles.

Dans l’après-midi, des groupes de lycéens ont aussi interrompu la circulation du tram à la porte de Bourgogne. Le cortège a ensuite emprunté le cours Alsace-Lorraine avant de se diriger vers la place de la Victoire. Ces déplacements ont étendu les perturbations au-delà des seuls établissements scolaires.

L’entrée du lycée François-Mauriac a été incendiée ; l’établissement doit rester fermé au moins jusqu’à la fin de la semaine. Crédit : Clément Carpentier Ici Gironde

François-Mauriac fermé après l’incendie de son entrée

Le dommage le plus lourd concerne le lycée François-Mauriac. L’entrée de cet établissement général et technologique a brûlé ; les dégâts sont importants et les cours ne pourront pas y reprendre avant la fin de la semaine au moins. Des abris-bus ont aussi été détruits pendant la mobilisation. La façade du lycée professionnel des Menuts a, elle aussi, été endommagée.

Les circonstances de l’incendie et les responsabilités individuelles devront être établies par l’enquête. Il serait prématuré d’attribuer ces dégradations à l’ensemble des élèves mobilisés. La fermeture annoncée a, en revanche, une conséquence immédiate pour les familles et les personnels de François-Mauriac : l’accès à l’établissement reste impossible dans l’attente des décisions sur la reprise des cours.

À l’échelle de la Gironde, le parquet a annoncé vingt gardes à vue, principalement dans l’agglomération bordelaise, mais aussi à Langon, Gujan-Mestras et Biganos. Dix-huit personnes sont mineures, âgées de 13 à 17 ans, et deux sont majeures. Quatre mineurs ont été déférés. Une garde à vue ou un défèrement ne préjuge pas d’une culpabilité.

Le parquet a annoncé vingt gardes à vue en Gironde. Les circonstances des dégradations et les responsabilités individuelles restent à établir.

Des revendications scolaires derrière les blocages

Les lycéens qui participent au mouvement dénoncent des conditions d’apprentissage dégradées. Dans leur appel commun à poursuivre la mobilisation le 1er octobre, l’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante évoquent les classes chargées, le manque de personnels et les difficultés de la voie professionnelle. Elles appellent également à une manifestation le mardi 6 octobre.

Le communiqué de la CFDT Éducation de l’académie de Bordeaux réclame, lui, l’écoute des élèves tout en condamnant les violences. Le syndicat cite les manques d’enseignants, de personnels de vie scolaire, de santé et d’accompagnement. Entre ces revendications et les dégradations constatées jeudi, le débat sur les moyens de l’école se poursuit désormais dans un contexte beaucoup plus tendu.

Le mouvement ne se limite pas à Bordeaux. L’appel des organisations lycéenne et étudiante concerne aussi les universités et prépare une nouvelle journée nationale pour mardi. Dans la métropole, les situations ont toutefois varié d’un établissement à l’autre : blocage des accès, rassemblement devant les grilles ou présence de forces de l’ordre. Ce tableau local ne se réduit pas à un seul lycée.

Pour les élèves et leurs proches, la question la plus immédiate reste la reprise des cours dans les établissements touchés. Les modalités dépendront de chaque lycée et des informations transmises par sa direction.

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