En cinq jours, un départ de feu signalé dans la forêt de Saumos s’est transformé en un incendie d’une ampleur exceptionnelle, encerclant le bassin d’Arcachon avant de menacer les abords de Bordeaux. Évacuations massives, communes désertées, routes coupées et nuits de lutte acharnée ont rythmé cette crise. Ce lundi 27 juillet, la situation est annoncée comme relativement stable, mais le feu n’est toujours pas fixé et la vigilance demeure maximale.

Mercredi 22 juillet : le feu démarre à Saumos
L’alerte est donnée mercredi dans le massif forestier de Saumos, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Bordeaux. Poussé par la sécheresse, la chaleur et le vent, l’incendie gagne rapidement du terrain. Les premières évacuations commencent dans les secteurs les plus exposés. En fin de journée, environ 1 400 hectares ont déjà été parcourus par les flammes, selon le récapitulatif de TF1 Info.
Jeudi 23 juillet : l’incendie devient incontrôlable
En moins de vingt-quatre heures, le bilan dépasse 2 000 hectares. Des centaines de pompiers et plusieurs avions bombardiers d’eau sont engagés, mais les conditions restent défavorables. Les habitants et vacanciers quittent progressivement les communes du nord du bassin d’Arcachon. La fumée s’étend sur le littoral et rend les opérations encore plus complexes.

Vendredi 24 juillet : le Cap-Ferret évacué, le vent tourne
La crise change brutalement d’échelle. L’évacuation de la presqu’île de Lège-Cap-Ferret est ordonnée, par la route mais aussi par la mer. Le feu a alors parcouru environ 14 000 hectares et détruit des dizaines de maisons. Dans l’après-midi, l’inversion du vent réoriente le front vers l’est. La menace ne concerne plus seulement le littoral : elle se rapproche de la métropole bordelaise.
Samedi 25 juillet : les flammes foncent vers Bordeaux
Le samedi marque l’une des phases les plus angoissantes. L’incendie devient erratique, crée ses propres mouvements d’air et génère un impressionnant nuage de type pyrocumulonimbus. Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Jean-d’Illac, Martignas-sur-Jalle, Saint-Aubin-de-Médoc, Le Haillan et des secteurs de Mérignac et d’Eysines sont évacués préventivement. Pour la première fois, l’idée d’un feu arrivant aux portes de Bordeaux devient concrète.

Dimanche 26 juillet : une reprise violente et 220 000 évacuations
Dans la nuit, une nouvelle poussée impose des évacuations à Marcheprime, Cestas et dans plusieurs communes voisines. À 4 heures, la surface parcourue est estimée à 42 000 hectares. Le nombre cumulé de personnes évacuées atteint environ 220 000. L’A63 est fermée sur plusieurs dizaines de kilomètres, tandis que les liaisons ferroviaires et routières sont fortement perturbées.
Lundi 27 juillet : une stabilité relative, pas encore la fin
Après cinq jours d’enfer, la nuit de dimanche à lundi se déroule sans évolution majeure. Les autorités décrivent une situation « globalement stable ». Cette accalmie ne signifie toutefois ni maîtrise ni extinction. Le feu reste actif, les communes évacuées ne sont pas encore rouvertes et les fortes chaleurs attendues peuvent favoriser de nouvelles reprises.
Le bilan demeure hors norme : des dizaines de milliers d’hectares brûlés, des centaines de bâtiments touchés et des dizaines de pompiers blessés, sans victime recensée parmi la population à ce stade. Les secours poursuivent la surveillance des lisières et des points chauds. Après la course contre les flammes commence désormais une phase tout aussi délicate : empêcher le brasier de repartir.
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