Face aux incendies en Gironde et aux évacuations massives, les assureurs français annoncent des mesures exceptionnelles pour accompagner les sinistrés. Les frais de relogement pourront être remboursés, sous conditions, même lorsque la résidence principale n’a pas été directement endommagée. Le délai accordé pour déclarer un sinistre est également prolongé au minimum jusqu’au 31 août. Une souplesse bienvenue pour les familles qui ne peuvent pas encore regagner leur logement ou constater précisément les dégâts.

Un relogement remboursé jusqu’à trois semaines
À l’issue d’une réunion d’urgence avec les acteurs économiques locaux, le ministre de l’Économie Roland Lescure a annoncé un engagement commun des compagnies d’assurance. Les personnes évacuées pourront demander le remboursement de leurs frais de relogement selon les conditions prévues par leur contrat, que leur résidence ait été endommagée ou non.
Cette mesure concerne les résidences principales et peut s’appliquer pendant une durée allant jusqu’à trois semaines, en fonction de la période durant laquelle l’accès au logement demeure interdit. Des justificatifs seront demandés. Il est donc essentiel de conserver les factures d’hôtel, de location temporaire ou de toute autre solution d’hébergement payante. Les modalités exactes doivent être confirmées avec chaque assureur.
Ces annonces ont été rapportées par l’Agence France-Presse, qui précise que le dispositif doit notamment bénéficier aux personnes déplacées par les incendies en Gironde, dans les Landes et dans le Var.
La déclaration de sinistre possible jusqu’au 31 août
Autre décision importante : le délai de déclaration des sinistres est porté au minimum jusqu’au 31 août. Habituellement, un contrat d’assurance fixe un délai court après la découverte des dommages. Dans la situation actuelle, de nombreux évacués ne peuvent toutefois ni accéder à leur maison ni dresser un inventaire fiable des biens détruits ou détériorés.

Cette prolongation doit éviter que les victimes ne soient pénalisées parce qu’elles n’ont pas pu accomplir leurs démarches immédiatement. Il reste néanmoins conseillé de contacter son assurance dès que possible, même avec un dossier incomplet, afin d’ouvrir le sinistre et de connaître les pièces attendues.
Photos, factures et inventaire : les documents à conserver
Lorsque les autorités autorisent le retour, il faut photographier les dommages avant de déplacer ou de jeter quoi que ce soit, sans se mettre en danger. Les factures, relevés bancaires, garanties, photographies anciennes et notices peuvent aider à établir l’existence et la valeur des biens. Pour les démarches habituelles liées à un incendie dans un logement, la fiche officielle de Service-Public.fr rappelle le rôle de l’assurance habitation et les principes d’indemnisation.
Il ne faut jamais retourner de sa propre initiative dans une zone interdite pour prendre des photos. La sécurité prime sur la constitution du dossier. En cas de destruction importante, l’assureur pourra mandater un expert chargé d’évaluer les dommages immobiliers et mobiliers.

Les entreprises également concernées par la crise
La crise touche aussi fortement l’économie locale. Plus de 13 000 entreprises auraient été évacuées en Gironde, dont environ 7 000 entreprises artisanales et 6 300 commerces. Le gouvernement annonce que les entreprises empêchées de fonctionner normalement pourront solliciter l’activité partielle. Pour les pertes matérielles ou d’exploitation, chaque professionnel doit vérifier les garanties réellement souscrites auprès de son assureur.
Pour les particuliers comme pour les professionnels, le bon réflexe consiste à privilégier les canaux officiels de la compagnie, à noter les références des échanges et à conserver tous les justificatifs. Les mesures annoncées apportent un délai et une protection supplémentaires, mais leur application dépendra du contrat et de la situation de chaque assuré.
A lire aussi : Mégot, barbecue, cambriolage… plusieurs gardes à vue en pleine crise des incendies en Gironde




