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Nouvelle-Aquitaine : Caviar de Neuvic lève 11,6 millions d’euros pour tripler sa production

Caviar de Neuvic, entreprise emblématique du Périgord, vient de lever 11,6 millions d’euros pour engager un changement d’échelle spectaculaire. Le producteur de Nouvelle-Aquitaine a acquis deux sites piscicoles dans les Pyrénées-Orientales et vise, à terme, environ 22 tonnes de caviar par an. Une stratégie industrielle de long cours, destinée à servir la demande européenne et à renforcer la filière française face à la concurrence chinoise.

Une PME périgourdine change de dimension

Né à Neuvic, en Dordogne, le producteur a construit son identité autour d’un domaine de 20 hectares bordé par l’Isle et le Vern. L’entreprise compte aujourd’hui 56 salariés et réalise 8 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle prépare désormais un véritable saut de capacité.

La levée de fonds réunit Crédit Mutuel Equity, l’actionnaire historique Olma Luxury Holdings et plusieurs investisseurs privés. Les 11,6 millions d’euros ont notamment permis de reprendre deux piscicultures à Salses-le-Château. Ensemble, elles représentent 20 hectares supplémentaires, soit une surface équivalente à celle du site historique de Dordogne.

Le domaine historique de Neuvic s’étend sur 20 hectares en Dordogne, au cœur d’un savoir-faire aquacole solidement implanté en Nouvelle-Aquitaine.

Vingt hectares et 150 tonnes d’esturgeons

Le choix de Salses-le-Château repose sur les caractéristiques de l’eau venue des Pyrénées : sa qualité et sa température constante offrent des conditions favorables à l’élevage. Caviar de Neuvic a également repris un cheptel de 150 tonnes d’esturgeons. Les bassins devront être adaptés et couverts avant d’atteindre leur plein potentiel.

L’objectif annoncé se situe autour de 22 tonnes de caviar chaque année, soit près de trois fois la production actuelle. Ce volume pourrait placer la maison parmi les tout premiers producteurs français. Sa direction assure toutefois que la priorité consiste à alimenter les marchés français et européens.

Les deux nouveaux sites piscicoles apporteront 20 hectares de bassins et un cheptel de 150 tonnes d’esturgeons à la PME.

Un investissement qui se mesure sur sept ans

Dans l’aquaculture d’esturgeons, la croissance ne se décrète pas en quelques mois. Le plan se déploiera sur environ sept ans, le temps nécessaire à l’élevage et à la maturation des poissons. Ce calendrier long impose des capitaux importants, une maîtrise technique continue et une vision suffisamment stable du marché pour absorber la future production.

Ce pari illustre les contraintes des entreprises agroalimentaires régionales positionnées sur le haut de gamme. Elles doivent financer aujourd’hui des capacités qui ne produiront pleinement que plusieurs années plus tard. À Neuvic, le public peut d’ailleurs découvrir le domaine, les bassins et les différentes formules de visite, une manière concrète de comprendre ce cycle patient.

La Nouvelle-Aquitaine au cœur du caviar français

Plus de 80 % du caviar français provient de l’ancienne Aquitaine. Cette concentration donne à la région une place particulière, entre pisciculture, transformation, emplois qualifiés et image gastronomique. Depuis février 2025, le Caviar d’Aquitaine bénéficie d’une indication géographique protégée, qui encadre son aire de production et ses principales pratiques.

La fiche officielle de l’INAO détaille l’aire géographique, l’espèce autorisée et les exigences de transformation. Pour Caviar de Neuvic, l’extension hors de la région ne remplace donc pas l’ancrage périgourdin : elle ajoute un outil de production à une marque, un siège et un savoir-faire nés en Nouvelle-Aquitaine.

L’IGP Caviar d’Aquitaine protège depuis 2025 une production liée aux bassins, aux eaux et aux savoir-faire du Sud-Ouest.

Résister à la pression de la concurrence chinoise

La montée en puissance intervient dans un marché européen soumis à l’abondance du caviar chinois. Face à des volumes importants et à une pression soutenue sur les prix, les producteurs français misent sur l’origine, la traçabilité, la régularité et la valorisation de leur savoir-faire. Produire davantage sans banaliser le produit sera donc l’un des principaux défis.

Pour la Nouvelle-Aquitaine, cette levée de fonds dépasse le cas d’une maison de caviar. Elle montre qu’une PME régionale peut attirer des capitaux et viser une clientèle internationale tout en conservant son centre de gravité en Dordogne. Caviar de Neuvic entre ainsi dans une nouvelle phase industrielle, dont les résultats se liront progressivement.

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