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À Pessac, une exposition explore les comics américains des années 1970

Super-héros, satire politique et célébration nationale se croisent dans les pages américaines de 1975 et 1976. À Pessac, une exposition de l’université Bordeaux Montaigne revient sur les comics publiés autour du bicentenaire des États-Unis. Visible jusqu’au 10 octobre 2026 à la bibliothèque Rigoberta-Menchú, elle montre comment la bande dessinée populaire a absorbé les débats de son époque, bien au-delà des aventures de personnages costumés.

Le bicentenaire américain raconté par la bande dessinée

En 1976, les États-Unis célèbrent deux cents ans d’indépendance. Les éditeurs de comics s’emparent de cette date, parfois pour mettre en scène les symboles nationaux, parfois pour les interroger. L’exposition présentée à Pessac prend cette période comme point d’observation. Elle est conçue autour des travaux de Jean-Paul Gabilliet, spécialiste de la bande dessinée américaine à l’université Bordeaux Montaigne.

Le sujet intéresse aussi les lecteurs qui ne collectionnent pas les fascicules anciens. Les comics paraissent à un moment où les États-Unis sortent de la guerre du Vietnam et du scandale du Watergate. Entre récit héroïque, humour et regard critique, ils donnent accès à une culture populaire traversée par les mêmes tensions que le reste du pays. La célébration du bicentenaire ne produit donc pas une seule histoire consensuelle : chaque éditeur et chaque personnage en proposent une lecture.

La bibliothèque Rigoberta-Menchú, à Pessac, accueille jusqu’au 10 octobre une exposition universitaire sur les comics américains de 1975 et 1976.

Les couvertures, personnages et intrigues permettent de voir comment un support de divertissement réagit à une commémoration officielle. Le rapport entre fiction et histoire est au cœur de l’exposition. Un drapeau dans une vignette n’a pas le même sens selon qu’il accompagne un sauvetage spectaculaire ou qu’il sert à questionner une promesse politique. C’est cette variété que le parcours invite à examiner.

Les comics, une archive de la culture populaire

La bande dessinée américaine des années 1970 ne se réduit pas au film de super-héros tel qu’on le connaît aujourd’hui. Elle circule dans des périodiques, s’adresse à des publics différents et dépend de choix éditoriaux très rapides. Les numéros publiés en 1975 et 1976 constituent ainsi une archive : ils montrent à la fois ce que les éditeurs pensaient vendre et la façon dont ils parlaient de l’actualité à leurs lecteurs.

Autour du bicentenaire des États-Unis, les pages de bande dessinée reflètent à la fois les symboles nationaux et les tensions de leur époque.

Jean-Paul Gabilliet travaille depuis longtemps sur cette histoire culturelle. L’université Bordeaux Montaigne présente ses activités de recherche et la Cité internationale de la bande dessinée conserve des ressources sur les formes et les usages du neuvième art. L’exposition pessacaise ouvre un accès local à cette matière : feuilleter ou regarder ces images revient à lire un moment de l’histoire américaine par le biais de ses récits les plus diffusés.

La période retenue est assez courte pour autoriser une comparaison précise entre les publications. Les références au bicentenaire peuvent apparaître dans une intrigue, sur une couverture ou dans la manière de présenter un personnage. Ces variations comptent : elles révèlent moins une consigne commune qu’une multitude de réponses éditoriales à une même célébration nationale. Le lecteur d’aujourd’hui peut y mesurer la distance entre le discours officiel et sa traduction dans la fiction populaire.

Jusqu’au 10 octobre à Pessac

Le travail de Jean-Paul Gabilliet éclaire ces publications populaires comme des documents de culture et d’histoire, au-delà du seul divertissement.

Le parcours est installé à la bibliothèque Rigoberta-Menchú, sur le campus de l’université Bordeaux Montaigne. Il a ouvert le 28 septembre et restera visible jusqu’au samedi 10 octobre. Cette durée courte donne à l’exposition le format d’un rendez-vous de rentrée plutôt que celui d’une rétrospective exhaustive. Le choix d’un lieu universitaire est cohérent avec son angle : les images ne sont pas montrées comme de simples souvenirs, mais comme des documents à interpréter.

Le regard historique n’empêche pas le plaisir de retrouver l’inventivité graphique des comics. Il permet surtout de comprendre pourquoi une édition vieille de cinquante ans peut encore parler d’identité, de pouvoir et de récit national. À Pessac, les cases de bande dessinée deviennent un moyen d’aborder ces questions sans quitter le terrain concret des images publiées à l’époque.

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