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Plages de Gironde : la fréquentation recule de 18,7 % après les incendies

L’été 2026 a laissé une empreinte nette sur les plages océanes de Gironde. Entre juillet et septembre, près de 368 000 véhicules ont été comptabilisés au Gressier, au Grand Crohot et à Carcans Océan. C’est 18,7 % de moins qu’en 2025. Les incendies et les fermetures temporaires ont inversé une tendance pourtant favorable au début de la saison, lorsque la fréquentation progressait encore fortement.

Une saison coupée en deux par les incendies

Le bilan 2026 repose notamment sur les comptages réalisés au Gressier, au Grand Crohot et à Carcans Océan entre juillet et septembre.

Avant les feux, les parkings suivis enregistraient une hausse de fréquentation de l’ordre de 20 % pendant les week-ends. Le retournement qui suit ne correspond donc pas à un simple ralentissement saisonnier. Les restrictions d’accès, l’incertitude sur les déplacements et les messages de prudence ont directement pesé sur les arrivées vers le littoral girondin.

Les 368 000 véhicules recensés ne représentent pas toute la fréquentation des plages du département. Ils fournissent un indicateur continu sur trois sites équipés, utile pour comparer les périodes et mesurer les effets d’une fermeture. Le GIP Littoral Nouvelle-Aquitaine s’appuie sur ces données pour accompagner les collectivités dans l’organisation des accès, du stationnement et de l’information aux visiteurs.

La baisse globale masque ainsi plusieurs séquences. Des journées très fréquentées ont précédé les incendies, puis les sites concernés ont connu des interruptions ou une activité dégradée. Additionner l’ensemble de l’été permet de mesurer le recul, mais pas de confondre la situation des trois plages avec celle de tout le Bassin d’Arcachon ou de la côte médocaine.

Les fermetures temporaires liées aux incendies ont rompu une dynamique de fréquentation en hausse au début de la saison estivale.

Les parkings deviennent un outil de gestion du littoral

Le dispositif ne sert pas seulement à produire un bilan après la saison. Le niveau d’occupation de certains parkings peut être communiqué pendant la journée afin d’éviter des déplacements vers un site déjà saturé. Cette information donne aux automobilistes la possibilité de modifier leur horaire ou de choisir une autre plage, tout en aidant les communes à anticiper les pics.

La campagne Mes Plages Océanes complète ces comptages par des informations pratiques et des messages de prévention. Sa communauté sur Facebook et Instagram a progressé de 28 % en un an, dépassant 8 100 abonnements. L’outil consacré au remplissage des parkings a enregistré près de 3 800 consultations en dix-huit jours de campagne.

Ces chiffres restent modestes face au volume total de visiteurs, mais ils montrent que l’information en temps réel trouve progressivement son public. La présentation de Mes Plages Océanes rassemble les conseils liés aux courants, à la surveillance et aux conditions d’accès. L’enjeu consiste désormais à rendre ces données visibles au moment où les vacanciers décident de partir.

SMART Coast prépare l’étape suivante en 2027

À partir de 2027, le projet européen SMART Coast doit financer 75 % des dépenses éligibles consacrées à l’amélioration de ces outils. Le programme peut soutenir de nouveaux systèmes de comptage, leur déploiement sur d’autres secteurs et des expérimentations destinées à mieux répartir la fréquentation touristique.

Le projet SMART Coast doit permettre d’étendre les outils de mesure et d’information à d’autres territoires littoraux à partir de 2027.

Une réunion de bilan est annoncée le 5 novembre avec les collectivités et partenaires intéressés. Elle doit préciser les enseignements de 2026 et les possibilités d’extension. Après un été marqué par le feu, la question dépasse le seul nombre de voitures : il faut pouvoir informer rapidement, adapter les accès et éviter que la fréquentation se concentre sur quelques sites restés ouverts.

Le recul de 18,7 % constitue donc à la fois un bilan touristique et un indicateur de vulnérabilité. La saison 2026 montre combien l’accès aux plages dépend désormais de la sécurité, de la circulation et de la capacité à partager une information fiable. Les décisions prises pour 2027 diront si les outils testés sur trois parkings deviennent un véritable dispositif à l’échelle du littoral.

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