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Près d’un cadre néo-aquitain sur deux travaille désormais en Gironde

La géographie de l’emploi cadre en Nouvelle-Aquitaine se lit d’abord en Gironde. Sur les 217 450 cadres du secteur privé recensés dans la région, 96 740 travaillent dans le département. Cette concentration, proche d’un actif sur deux, confirme le poids de la métropole bordelaise, mais elle masque aussi une économie régionale où l’industrie et les petites entreprises occupent une place particulière.

96 740 cadres travaillent en Gironde

Les données publiées à l’occasion des 60 ans de l’Apec dessinent un marché très polarisé. Bordeaux et sa périphérie rassemblent les sièges, les services spécialisés, le numérique, l’ingénierie et une part importante de l’activité aéronautique. Ailleurs, les emplois d’encadrement sont plus dispersés entre les principaux pôles urbains et les bassins industriels. Cette répartition influe directement sur les choix de carrière et de mobilité résidentielle.

La Gironde rassemble 96 740 des 217 450 cadres du privé recensés en Nouvelle-Aquitaine, soit près de la moitié du total régional.

La Gironde concentre environ 45 % des cadres néo-aquitains. Le département pèse ainsi beaucoup plus lourd dans l’emploi qualifié que dans la répartition générale de la population régionale. Cette différence tient à la présence de Bordeaux, mais aussi aux zones économiques de Mérignac, Pessac, Talence, Le Haillan ou Blanquefort.

Cette concentration favorise un marché plus dense : davantage d’entreprises recrutent sur des fonctions comparables, ce qui facilite les mobilités professionnelles. Elle alimente également les tensions sur le logement et les transports, car les emplois restent regroupés autour de quelques secteurs bien desservis. Le lieu de travail demeure donc un facteur majeur d’attractivité pour les cadres installés dans la région.

Une région plus industrielle que la moyenne

Le portrait régional ne se limite pas aux services métropolitains. 19 % des cadres néo-aquitains travaillent dans l’industrie, contre 16 % à l’échelle nationale. L’aéronautique et le spatial autour de Bordeaux, mais aussi l’agroalimentaire, le bois, la chimie, la santé et plusieurs filières manufacturières réparties dans les départements expliquent cette spécificité.

Autre caractéristique : 54 % des cadres de Nouvelle-Aquitaine exercent dans une TPE ou une PME, contre 50 % en France. Leur quotidien peut donc être éloigné de l’image du grand groupe. Les responsabilités y sont souvent plus transversales, avec des équipes réduites et un lien direct avec la direction. Les analyses nationales et régionales sont accessibles sur le site de l’Apec.

L’industrie emploie 19 % des cadres régionaux, une proportion supérieure de trois points à la moyenne observée dans l’ensemble de la France.

Les recrutements ont résisté en 2025

En 2025, 13 820 recrutements de cadres ont été enregistrés dans la région, soit une progression de 7 %. Au même moment, le marché national reculait de 3 %. La Nouvelle-Aquitaine a donc connu une dynamique à contre-courant, sans que cette hausse suffise à effacer les écarts entre la Gironde et les territoires moins urbanisés.

Le volume régional représente environ 6 % des cadres du privé en France. Pour les entreprises, l’enjeu consiste à attirer des profils expérimentés sans renforcer uniquement la concentration bordelaise. Pour les salariés, les possibilités dépendent fortement du secteur exercé. Les statistiques économiques territoriales peuvent être complétées avec les données de l’Insee sur la Nouvelle-Aquitaine.

La région a enregistré 13 820 recrutements de cadres en 2025, en hausse de 7 % malgré un recul observé au niveau national.

Un déséquilibre appelé à durer

Le poids girondin ne devrait pas disparaître rapidement. Les infrastructures, les réseaux professionnels et l’écosystème universitaire entretiennent l’attraction de la métropole. Le développement du télétravail peut élargir les lieux de résidence, mais il ne déplace pas automatiquement les sièges ni les équipes.

Ces chiffres racontent donc deux réalités à la fois : une région capable de recruter et un marché fortement centralisé. Près d’un cadre néo-aquitain sur deux travaille en Gironde, tandis que les autres départements s’appuient sur des bassins plus spécialisés. Pour l’emploi comme pour l’aménagement du territoire, cette géographie reste l’un des principaux défis régionaux.

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