La qualité de l’air s’améliore sur le temps long en Nouvelle-Aquitaine, mais 2025 a interrompu cette trajectoire pour certaines particules. En Gironde, le dioxyde d’azote a reculé de 35 % depuis 2016 et les particules fines de 34 %. Le dernier bilan d’Atmo Nouvelle-Aquitaine révèle néanmoins une remontée annuelle des PM10 et PM2,5, ainsi que trois épisodes de pollution.

Une baisse nette depuis 2016, sauf pour l’ozone
La tendance décennale reste favorable. Entre 2016 et 2025, les concentrations moyennes de dioxyde d’azote ont chuté de 35 % en Gironde. Celles des particules fines PM2,5 ont baissé de 34 %, tandis que les PM10 ont reculé de 13 %. Le dioxyde de soufre demeure stable. L’ozone suit une direction opposée, avec une hausse de 1 % sur la période.
Ce profil rejoint le constat régional présenté dans le bilan annuel 2025 de la qualité de l’air en Nouvelle-Aquitaine. Le NO2 diminue depuis dix ans, même si le rythme ralentit depuis 2020. Les particules baissent également sur la durée. L’ozone progresse en revanche depuis 2021, favorisé par un ensoleillement et des températures plus élevés.
Les particules repartent à la hausse en 2025
L’amélioration de fond ne signifie pas que chaque année est meilleure que la précédente. En Gironde, la concentration moyenne des PM10 a augmenté de 9 % par rapport à 2024. Aucun habitant n’a toutefois été exposé à un dépassement de l’objectif de qualité annuel. Pour les PM2,5, la hausse atteint 13 % et environ 400 habitants ont été exposés à un dépassement de l’objectif de qualité.

Le dioxyde d’azote évolue plus favorablement : sa moyenne annuelle baisse de 15 % en un an. Le document estime cependant que 50 habitants restent exposés à un dépassement de la valeur limite. Les cartes concentrent les niveaux les plus élevés sur l’agglomération bordelaise et le long des principaux axes routiers. Les mesures peuvent être comparées par année, polluant et département dans les statistiques réglementaires d’Atmo Nouvelle-Aquitaine.
Trois épisodes de pollution enregistrés en Gironde
La Gironde a connu trois épisodes de pollution en 2025 : un aux particules grossières PM10, un à l’ozone et un au dioxyde d’azote. L’épisode d’ozone du 20 juin et celui de NO2 du 12 février ont concerné l’agglomération bordelaise. Le 14 novembre, l’épisode de particules PM10 s’est étendu à toute la Nouvelle-Aquitaine.
À l’échelle régionale, Atmo recense douze épisodes liés aux PM10, contre un seul pour l’ozone et un pour le NO2. Aucun épisode au dioxyde de soufre n’est signalé. Ces pics ne résument pas l’exposition quotidienne, mais ils montrent la sensibilité du territoire aux conditions météorologiques qui empêchent la dispersion des polluants ou favorisent la formation d’ozone.

Transport, chauffage et agriculture restent déterminants
Les sources diffèrent selon le polluant. Le transport routier demeure le premier secteur d’émission des oxydes d’azote en Gironde, devant l’industrie, le chauffage et les activités agricoles. Les particules proviennent notamment du chauffage au bois et du travail des sols. L’agriculture domine les émissions d’ammoniac, tandis que l’industrie pèse fortement dans celles de dioxyde de soufre.
La surveillance couvre aussi les pesticides, sans valeur réglementaire dans l’air en France. Un capteur installé au Jardin botanique de Bordeaux suit un environnement urbain entouré de grandes cultures et de vignes. Atmo propose par ailleurs un indice quotidien de qualité de l’air à l’échelle communale, utile pour replacer ces tendances annuelles dans la situation réellement observée chaque jour.
Le bilan girondin raconte donc deux mouvements simultanés : une amélioration structurelle indéniable et des rebonds ponctuels qui empêchent tout relâchement. Les efforts sur le trafic, le chauffage et les émissions agricoles restent décisifs, alors que le réchauffement complique la maîtrise de l’ozone.
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