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Santé étudiante à Bordeaux : plus d’un répondant sur deux a reporté un soin

Repousser un rendez-vous médical, sauter un repas, dormir mal : l’enquête PRISME décrit des difficultés qui se cumulent chez une partie des étudiants bordelais. Parmi les 1 578 volontaires interrogés en 2025-2026, 56 % ont renoncé à un soin ou l’ont reporté au cours des douze derniers mois. Publiés le 19 octobre par l’université de Bordeaux, ces résultats éclairent les liens entre ressources financières, isolement et santé mentale.

La santé étudiante à Bordeaux se heurte aussi aux délais

Le manque d’argent n’explique pas seul les soins abandonnés. Les délais de rendez-vous sont cités par 22 % des répondants, les difficultés financières par 20 %. Une autre réponse revient fréquemment : 37 % ont pensé que leur problème finirait par s’arranger. Certains évoquent également la crainte de prendre la place d’une personne jugée plus prioritaire.

Ces réponses intéressent l’Espace santé étudiants, qui pilote l’étude. Elles montrent qu’une offre médicale ne suffit pas toujours à déclencher une consultation. La façon dont les étudiants évaluent leurs symptômes, le temps disponible et leur légitimité à demander de l’aide pèsent aussi dans la décision.

L’enquête PRISME a recueilli les réponses de 1 578 étudiants volontaires et rapproche leurs conditions matérielles, leur accès aux soins et leur santé mentale.

Les premiers résultats détaillés de PRISME sont présentés par l’université. L’enquête ne mesure donc pas seulement l’état de santé : elle examine les conditions matérielles et sociales dans lesquelles les étudiants vivent et cherchent, ou non, un interlocuteur.

L’Espace santé étudiants développe plusieurs formats de prévention : ateliers sur le stress et le sommeil, cafés santé, soutien psychologique et formations aux premiers secours en santé mentale. Le service cherche notamment à rencontrer les personnes qui ne prendraient pas spontanément rendez-vous pour parler de leurs difficultés.

Des budgets contraints et un sommeil souvent dégradé

64 % des participants vivent avec moins de 700 euros par mois. Près de la moitié rapportent des fins de mois difficiles et 27 % un découvert bancaire. Presque un quart ont déjà sauté un repas faute d’argent. Les étudiants internationaux sont particulièrement représentés parmi ceux qui rencontrent ces difficultés.

Les indicateurs psychologiques sont également préoccupants : 59 % présentent un niveau de stress élevé, 42 % des symptômes dépressifs modérés à sévères et 85 % des troubles du sommeil significatifs. Ces indicateurs issus d’un questionnaire ne constituent pas, à eux seuls, des diagnostics individuels.

Délais de rendez-vous, difficultés financières et hésitation à consulter contribuent au renoncement aux soins déclaré par plus de la moitié des participants.

La solitude traverse aussi les réponses. Un niveau modéré à sévère concerne 45 % des personnes interrogées. Plus de la moitié ne pratiquent aucune activité associative, culturelle ou sportive en dehors de leurs études. L’enquête rapproche ainsi des dimensions souvent traitées séparément : alimentation, sommeil, budget, relations sociales et pression universitaire.

Un échantillon volontaire, une enquête appelée à durer

Ces proportions doivent être lues avec leurs limites. Les répondants représentent environ 2 % des 75 000 étudiants des campus bordelais. Les femmes constituent les trois quarts de l’échantillon et 60 % des participants sont inscrits à l’université de Bordeaux. Les résultats ne décrivent donc pas mécaniquement tous les étudiants de l’agglomération.

Les hommes ne représentent qu’un quart des réponses, alors qu’ils constituent environ la moitié de la population étudiante régionale. Le service prévoit notamment des cafés sexo masculins à l’automne pour diversifier ses échanges et mieux atteindre ce public.

Huit étudiants relais ont participé au recueil des réponses. L’Espace santé étudiants veut désormais renouveler l’enquête chaque année et rendre les données accessibles aux équipes de recherche. Le suivi permettra de regarder les évolutions dans le temps, plutôt que de réduire les difficultés à une photographie isolée.

L’université souligne les limites de cet échantillon volontaire et prévoit de renouveler chaque année l’enquête pour suivre l’évolution des besoins étudiants.

La lutte contre la solitude fait partie des priorités annoncées pour cette année. Le festival Feel Good Campus doit notamment encourager une fréquentation des campus qui ne se limite pas aux cours. L’offre universitaire de santé et de bien-être rassemble, pour sa part, les dispositifs destinés aux étudiants.

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