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Au Bouscat, SkinView Medic associe scanner et médecins face au cancer de la peau

Au Bouscat, SkinView Medic réunit dans un même centre le dépistage des lésions cutanées, l’avis d’un dermatologue et, lorsque c’est nécessaire, une prise en charge chirurgicale. Un scanner photographique assisté par intelligence artificielle aide les médecins à repérer les zones à examiner. Il ne pose pas le diagnostic à leur place. Cette différence, essentielle en santé, explique le fonctionnement du parcours proposé aux patients et les limites réelles de la technologie.

SkinView Medic : photographier la peau, puis examiner les lésions

Le parcours commence par un questionnaire et un entretien médical. Un scanner réalise ensuite des photographies du corps entier et construit une représentation numérique de la peau. Le logiciel signale des lésions présentant certains critères inhabituels. Le médecin reprend alors la main : il examine les zones concernées au dermoscope, classe le niveau de risque et décide de la suite. L’intelligence artificielle sert ici au repérage et au suivi, pas à remplacer l’examen clinique.

Le scanner de SkinView Medic complète l’examen médical : chaque anomalie repérée doit être étudiée et interprétée par un professionnel de santé.

Le centre a été fondé par le chirurgien plasticien Romain Lavocat, le dermatologue Vincent Cante et le chirurgien plasticien Guillaume Lemierre. Selon les informations communiquées par ses responsables, l’investissement dépasse un million d’euros, dont 600 000 euros pour le scanner Vectra WB360. Ce coût explique le modèle d’un établissement spécialisé plutôt qu’un simple appareil ajouté à une consultation ordinaire.

Du dépistage au traitement dans le même lieu

Le centre cherche à éviter que la découverte d’une lésion suspecte ouvre une longue succession de rendez-vous sans lien entre eux. Pour certaines lésions, un contrôle dermoscopique est organisé trois à six mois plus tard. Lorsque la chirurgie est indiquée, un nouveau rendez-vous peut être proposé sous dix à quinze jours, d’après le fonctionnement décrit par l’équipe. Les cas de mélanome passent par une réunion de concertation pluridisciplinaire au CHU de Bordeaux ; le dossier ne s’arrête donc pas au scanner du Bouscat.

Les médecins annoncent également prendre en charge des lésions précancéreuses par photothérapie dynamique. Le point central reste la continuité : dépistage, évaluation et traitement relèvent d’un parcours coordonné. Cela ne signifie pas que chaque anomalie repérée impose une opération. L’intérêt d’un examen médical est justement de distinguer les situations qui demandent une intervention de celles qui relèvent d’une surveillance.

Le parcours organisé au Bouscat associe dermatologues et chirurgiens, avec un suivi adapté à la nature des lésions constatées par les médecins.

La durée du suivi a aussi un intérêt concret : des photographies prises à des dates différentes peuvent aider à observer l’évolution d’une lésion. Cette comparaison ne dispense ni d’un examen régulier ni d’une consultation en cas de changement visible. Elle donne au praticien un élément supplémentaire pour décider s’il faut surveiller, approfondir ou traiter.

Le coût du premier examen reste un obstacle

Le premier passage au scanner est facturé 150 euros. Il n’est pas pris en charge par l’assurance maladie, même si certaines complémentaires santé peuvent en rembourser une partie. Les consultations médicales et contrôles sont, selon le centre, pris en charge dans le cadre habituel. Ce détail financier compte autant que la performance technique : l’accès au dépistage dépend aussi de ce que le patient devra réellement payer.

SkinView Medic indique avoir déjà reçu plus de 5 000 patients et proposer 25 à 30 rendez-vous par jour, cinq jours par semaine. L’attente annoncée pour un premier rendez-vous se situe entre deux et trois mois. Le centre envisage d’étendre son modèle à d’autres villes, mais la qualité du parcours devra alors reposer sur des équipes médicales locales, pas seulement sur l’achat d’une machine.

Le premier examen payant et le délai d’accès font partie des éléments à connaître avant d’envisager ce parcours spécialisé de dépistage cutané.

La prévention ne se résume pas à un équipement. L’information de l’Institut national du cancer sur les cancers de la peau rappelle l’importance d’un avis médical devant une lésion qui change ou inquiète. Au Bouscat, le médecin conserve la responsabilité du diagnostic : c’est la condition pour que l’outil serve effectivement la prise en charge.

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