Ils avaient 34 ans et servaient tous deux au centre de secours de Saint-Médard-en-Jalles. Anthony Berthôme et Wilfried Schmitter ont perdu la vie le 21 juillet 2026 en combattant un incendie près de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac. Vendredi 18 septembre, Bordeaux leur rendra un hommage national. La cérémonie dira ce que les chiffres de l’été ne peuvent pas raconter : derrière deux noms inscrits au bilan des feux, il y avait deux hommes qui avaient choisi de protéger les autres.
Anthony Berthôme et Wilfried Schmitter, deux vies au service des autres
Anthony Berthôme et Wilfried Schmitter étaient sapeurs-pompiers professionnels en Gironde. Affectés à la même caserne de Saint-Médard-en-Jalles, ils intervenaient le 21 juillet sur un violent feu de forêt à proximité de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac. Leur véhicule s’est retrouvé piégé dans une parcelle de pins gagnée par les flammes. Ils sont morts dans l’exercice de leur mission. Les citations à l’ordre de la Nation publiées au Journal officiel rappellent les circonstances de leur décès et leur engagement.
Le mot « volontaires » ne décrit pas leur statut : tous deux étaient pompiers professionnels. Il n’enlève rien à la part de volonté que suppose ce métier. Les faits connus ne permettent pas de raconter leur vie privée ou les pensées de leurs proches. Leur rendre hommage exige de respecter cette limite.
À Saint-Médard-en-Jalles, la disparition de deux membres d’un même centre de secours a frappé leurs collègues. Chaque intervention reprend avec des absents. L’hommage public reconnaît cette réalité : deux professionnels ont perdu la vie pendant que leur équipe protégeait la population. Leurs noms passent avant ceux des responsables venus leur rendre hommage.

Une peine partagée dans les casernes de France
Le deuil a rapidement dépassé la Gironde. Le 31 juillet, les sapeurs-pompiers et les personnels de l’Hérault se sont rassemblés dans leurs centres de secours pour observer un temps de recueillement. Le SDIS de l’Hérault a nommé les deux hommes dans son hommage et adressé son soutien à leurs familles, à leurs proches et à leurs camarades de Saint-Médard-en-Jalles. D’autres casernes ont marqué la même solidarité à travers le pays.
Ces gestes collectifs ne remplacent pas le deuil intime. Ils montrent ce que signifie la mort de deux pompiers pour ceux qui exercent le même métier. La minute de silence suspend les tâches ordinaires. Elle rappelle que le risque n’est pas une formule de cérémonie, mais une possibilité de chaque intervention.
La citation à l’ordre de la Nation leur a été accordée à titre posthume en août. Elle inscrit officiellement leur engagement dans la mémoire publique. Vendredi, la reconnaissance prendra une autre forme : selon le communiqué du ministère de l’Intérieur sur l’hommage national, les deux adjudants recevront la Légion d’honneur et la Médaille de la sécurité intérieure, à titre posthume.

Un hommage national ouvert à la population
La cérémonie se tiendra vendredi 18 septembre à 15 heures, place des Quinconces à Bordeaux. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, la présidera. Le ministère précise qu’elle sera ouverte au public. La population pourra ainsi se joindre aux pompiers, aux familles et aux autorités pour marquer son respect, sans que ce moment soit réduit à un déplacement ministériel.
Le lieu permet ce recueillement collectif. Au centre de la place seront évoqués Anthony Berthôme et Wilfried Schmitter, leur service et la perte subie par leurs proches. Une décoration posthume ne rend pas deux hommes à leurs familles ; elle exprime la reconnaissance du pays.

Depuis juillet, leurs collègues continuent de partir en intervention. Vendredi, ils pourront s’arrêter avec les Bordelais pour saluer deux des leurs. Anthony Berthôme et Wilfried Schmitter ne seront pas seulement les victimes d’un été d’incendies : ils seront les deux hommes auxquels la nation rend hommage.
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