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Mérignac : le chiffre d’affaires de Dassault Aviation bondit de 46 % au premier semestre 2026

Les chaînes d’assemblage de Mérignac se trouvent au premier plan d’un semestre particulièrement dynamique pour Dassault Aviation. L’avionneur affiche un chiffre d’affaires ajusté de 4,157 milliards d’euros sur les six premiers mois de 2026, en hausse de 46 % sur un an. La progression vient surtout des activités de défense et de l’augmentation des livraisons de Rafale à l’export. La Gironde est directement concernée par cette accélération industrielle.

Les livraisons de Rafale tirent l’activité

Le contraste avec le premier semestre 2025 est net. Le chiffre d’affaires ajusté s’élevait alors à 2,847 milliards d’euros. Un an plus tard, l’activité Défense représente 2,944 milliards, contre 1,751 milliard précédemment. Dassault Aviation a livré 12 Rafale, dont dix à l’export, alors que sept appareils avaient été remis aux clients au cours de la même période de 2025.

La branche Falcon progresse plus modérément, de 1,096 à 1,213 milliard d’euros. Treize avions d’affaires ont été livrés, soit un de plus sur un an. L’équilibre du semestre penche donc davantage vers les programmes militaires : ils concentrent 71 % du chiffre d’affaires, contre 62 % un an auparavant.

À Mérignac, Dassault Aviation assure l’assemblage final et la mise en vol des Rafale et des avions d’affaires Falcon – Crédit : Dassault aviation

Le bond du chiffre d’affaires tient donc d’abord à un effet de livraisons et de calendrier industriel. Il ne signifie pas une progression identique des commandes nouvelles, ni de tous les segments. Cette distinction aide à lire les résultats sans confondre production, prises de commandes et bénéfices.

À Mérignac, chaque livraison prend une dimension locale

Ces volumes concernent directement la Gironde. Depuis 1950, l’établissement de Mérignac réalise l’assemblage final et la mise en vol des avions civils et militaires produits en série. Les Rafale et les Falcon y arrivent sous forme de grands éléments fabriqués sur plusieurs sites avant d’être assemblés, testés puis préparés pour leur livraison. L’histoire et les missions de l’usine de Mérignac détaillent ce rôle d’« usine livrancière ».

La hausse des cadences mobilise également un tissu régional plus large. Martignas-sur-Jalle produit notamment des voilures et des dérives, tandis que les activités de conception, d’achats, de soutien et d’approvisionnement occupent une place importante à Mérignac. Les résultats mondiaux du groupe ne se traduisent pas mécaniquement en emplois locaux, mais ils donnent de la visibilité à une organisation industrielle dont la Gironde constitue un point de passage essentiel.

La progression des livraisons militaires renforce le rôle stratégique de la chaîne girondine dans l’organisation industrielle du constructeur aéronautique – Crédit : Dassault aviation

Une rentabilité en hausse, malgré une marge nette plus faible

Le résultat opérationnel ajusté atteint 330 millions d’euros, contre 180 millions au premier semestre 2025. La marge opérationnelle passe ainsi de 6,3 % à 7,9 %. Le résultat net ajusté progresse lui aussi, de 386 à 496 millions d’euros. Rapportée au chiffre d’affaires, sa marge recule toutefois de 13,6 % à 11,9 %, nuance importante derrière la hausse des montants.

La trésorerie disponible dépasse désormais 10 milliards d’euros. Les comptes, indicateurs ajustés et documents associés sont accessibles dans le dossier officiel des résultats semestriels 2026.

Un carnet toujours massif, mais des commandes moins élevées

Le carnet de commandes reste considérable : 45,359 milliards d’euros au 30 juin, avec 208 Rafale et 83 Falcon à produire. Il recule néanmoins par rapport aux 46,596 milliards enregistrés fin 2025. Les prises de commandes du semestre tombent à 2,878 milliards, contre 8,075 milliards un an plus tôt, période marquée par un contrat de 26 Rafale à l’export.

Le civil envoie un signal plus favorable avec 23 Falcon commandés, contre huit en 2025. Le défi industriel reste maintenant de tenir les objectifs de livraison, tout en sécurisant les approvisionnements et en poursuivant le développement du Falcon 10X. Pour Mérignac, cette exécution sera déterminante : c’est sur ses lignes que la croissance financière doit finalement se transformer en avions remis aux clients.

Le carnet de commandes garantit plusieurs années d’activité, tandis que la tenue des cadences devient le principal défi industriel du groupe – Crédit : Dassault aviation

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