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À Villenave-d’Ornon, une serre confinée traque le nématode qui menace les pins

À Villenave-d’Ornon, la recherche forestière se dote d’un équipement conçu pour empêcher toute fuite. Une serre confinée de 132 m² vient d’être inaugurée sur le campus INRAE afin d’étudier le nématode du pin. Ce ver microscopique, classé organisme de quarantaine prioritaire, a été détecté dans les Landes et menace directement le massif de pins maritimes qui structure l’économie et les paysages régionaux.

Un laboratoire végétal sous haute sécurité

Trois compartiments vitrés, des sas de décontamination et une pression d’air organisée en cascade doivent isoler les expérimentations. L’installation comprend aussi un laboratoire de culture in vitro, une salle de microscopie et un espace équipé de 84 entonnoirs de Baermann, utilisés pour extraire les nématodes du bois et les observer.

Ce dispositif permet de travailler sur des arbres et des parasites vivants sans exposer l’extérieur. La sécurité ne relève pas du décor : le nématode peut se déplacer grâce à un insecte vecteur et provoquer un dépérissement rapide. Chaque manipulation exige donc des procédures strictes, du prélèvement jusqu’à la destruction des matières étudiées.

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Un investissement de 2,8 millions d’euros

Le bâtiment représente un investissement annoncé de 2,8 millions d’euros. Il rejoint la plateforme EMERGREEN, créée en 2023 pour étudier la santé des forêts et leur adaptation. L’inauguration du 9 septembre a réuni responsables scientifiques, élus régionaux et représentants de l’État, signe de l’importance accordée au risque sanitaire.

La serre doit permettre de tester la résistance de différents pins, de mieux comprendre les interactions avec l’insecte vecteur et d’améliorer les méthodes de détection. Le centre INRAE Nouvelle-Aquitaine Bordeaux présente ses travaux et ses unités de recherche consacrés aux écosystèmes et aux productions régionales.

Un parasite détecté pour la première fois en France

Le premier foyer français a été confirmé près de Seignosse en novembre 2025. De nouvelles détections ont ensuite conduit à élargir la surveillance et les mesures de lutte dans les Landes. Le nématode ne présente pas de danger pour l’être humain, mais il peut tuer rapidement les arbres sensibles et bouleverser la filière bois.

L’insecte qui transporte le parasite, un coléoptère du genre Monochamus, donne au problème une dimension saisonnière. Les opérations d’abattage, de broyage et de transport doivent tenir compte de ses périodes de vol. Le confinement expérimental offre aux chercheurs un moyen d’accélérer les connaissances sans attendre chaque observation en forêt.

Les chercheurs pourront observer le parasite, son insecte vecteur et la résistance de plusieurs pins sans exposer le milieu extérieur. © INRAE – A. Marquot

Protéger le massif des Landes de Gascogne

Le pin maritime occupe une place centrale entre Gironde et Landes. Il alimente des scieries, la papeterie, la construction et de nombreux emplois ruraux. Une diffusion du parasite aurait donc des conséquences écologiques et économiques considérables, au moment où le massif subit déjà sécheresses, tempêtes et incendies.

Le ministère de l’Agriculture publie un dossier actualisé sur le nématode du pin, avec les zones concernées et les obligations applicables. Les propriétaires et professionnels doivent signaler les arbres suspects et respecter les règles de circulation des bois.

La science pour gagner du temps sur le terrain

La serre ne remplace ni la surveillance ni les mesures sanitaires. Elle apporte un espace où les hypothèses peuvent être testées rapidement et répétées. Les résultats devront ensuite guider les pépiniéristes, les forestiers et les services de l’État dans leurs choix.

Face à un organisme encore nouveau en France, chaque mois de connaissance gagné compte. À Villenave-d’Ornon, cet équipement donne à la Nouvelle-Aquitaine un outil durable pour défendre son massif tout en préparant des forêts plus résistantes aux crises futures.

Les protocoles développés pourront servir au-delà de ce seul parasite. La plateforme de Villenave-d’Ornon aidera à étudier d’autres menaces biologiques dans des conditions maîtrisées, puis à partager les résultats avec les professionnels. Cette capacité de réaction renforce la sécurité sanitaire des forêts face à des organismes favorisés par les échanges et le climat.

Le nouvel équipement complète la surveillance de terrain destinée à protéger le massif des Landes de Gascogne et sa filière économique. © INRAE – A. Marquot

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