Une toiture peut-elle produire assez d’électricité solaire pour justifier l’installation de panneaux ? La jeune entreprise bordelaise WATOO propose depuis le 9 septembre un simulateur gratuit qui reconstruit les maisons en trois dimensions et estime le potentiel de leur toit. L’utilisateur peut y placer virtuellement des panneaux avant d’obtenir une projection de production, d’économies et de rentabilité. L’outil fournit un premier ordre de grandeur, mais ses résultats restent des estimations, pas des performances garanties.
Voir son toit avant de demander un devis
Le point de départ est une représentation en trois dimensions de la maison. WATOO s’appuie notamment sur les données LiDAR HD de l’Institut national de l’information géographique et forestière pour restituer la forme du bâtiment et de sa toiture. Cette lecture aide à situer les surfaces disponibles, leur orientation et les contraintes géométriques. Les panneaux sont ensuite disposés virtuellement sur le modèle, ce qui rend un projet abstrait plus facile à visualiser.
L’entreprise affirme pouvoir traiter actuellement 92 % des toitures françaises. Ce taux de couverture est une donnée communiquée par WATOO, et non une mesure indépendante publiée par l’IGN. Les maisons dont les données sont incomplètes ou les formes trop complexes peuvent rester hors du service. Le programme LiDAR HD de l’IGN explique l’origine des relevés utilisés pour représenter le territoire ; leur disponibilité ne signifie toutefois pas qu’une installation photovoltaïque serait possible sur chaque bâtiment.

Une projection technique et économique
Après avoir positionné les panneaux, le simulateur estime la production annuelle à partir de la configuration du toit et de données météorologiques locales. Il calcule aussi des économies potentielles et un délai de rentabilisation. Ces trois résultats répondent à des questions différentes : combien produire, quelle part de cette production peut réduire la facture et combien de temps il faudrait pour amortir l’investissement. Aucun chiffre ne remplace à lui seul l’étude d’un professionnel sur place.
WATOO présente l’exemple d’une maison girondine équipée virtuellement de douze panneaux, pour une puissance de six kilowatts-crête. Son modèle affiche 7 138 kilowattheures de production annuelle et 1 357 euros d’économies. Il s’agit d’une simulation fournie par l’entreprise, non d’une consommation ou d’un gain observés après installation. La distinction est importante : le coût des travaux, les habitudes du foyer, l’ombre réelle et l’évolution du prix de l’électricité peuvent modifier le résultat final.

Gratuit pour les particuliers, payant pour les installateurs
Le simulateur est accessible sans paiement pour les particuliers. L’entreprise indique ne pas demander de numéro de téléphone pour effectuer une estimation et ne transmettre des coordonnées à un installateur qu’après une démarche explicite de l’utilisateur. Cette séparation entre exploration et mise en relation est centrale dans l’offre. Elle permet de se faire une première idée sans transformer immédiatement la visite en demande commerciale.
Le modèle économique repose aussi sur Kaelo, un logiciel destiné aux professionnels du solaire et proposé à 39 euros par mois. Il regroupe la préparation technique et plusieurs tâches commerciales d’un chantier. Le Journal des Entreprises décrit cette articulation entre service grand public et outil professionnel. WATOO, fondée par Yanis Hamdi à Bordeaux, dit s’être développée sans levée de fonds ; ces éléments relèvent des déclarations de l’entreprise.

Ce que la 3D peut éclairer, et ce qu’elle ne peut trancher
Un modèle numérique permet de comparer des scénarios avant de s’engager. Déplacer virtuellement quelques panneaux, examiner une estimation de production et confronter plusieurs configurations peut aider un propriétaire à poser les bonnes questions. La présentation de l’Ademe sur le solaire résidentiel rappelle que le projet dépend aussi du bâtiment et des conditions d’installation.
Le simulateur ne remplace donc ni la vérification technique du toit ni un devis détaillé. Sa valeur tient à cette première mise en images, qui rend le potentiel solaire plus concret pour les habitants de Bordeaux et d’ailleurs. La décision d’investir exigera ensuite des chiffres propres à la maison, à ses usages et aux offres réellement proposées.
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