Rénover sans souscrire de crédit : c’est le modèle sur lequel mise l’entreprise bordelaise Vasco. Fondée en 2023, elle annonce une levée de 1,7 million d’euros auprès des fonds Aquiti et makesense. Soixante rénovations ont été financées à ce stade, et la société affiche l’objectif de 1 000 opérations par an d’ici 2030. Derrière cette annonce financière se trouve une question concrète pour les propriétaires : comment payer des travaux quand les aides et l’emprunt ne couvrent pas la facture ?
Une part du logement en échange du financement

Le mécanisme proposé par Vasco ne fonctionne pas comme un prêt classique. L’entreprise apporte l’argent nécessaire à une partie ou à la totalité d’une rénovation énergétique. En contrepartie, elle acquiert une quote-part du bien immobilier dans le cadre d’une indivision. Le propriétaire ne verse pas de mensualités. Il conserve l’usage du logement, mais la part cédée doit être prise en compte lorsqu’il vend le bien ou décide de la racheter.
Cette distinction est décisive. L’absence d’échéances mensuelles ne signifie pas que les travaux sont gratuits. Le coût du financement se matérialise dans la propriété du logement et dans le règlement de cette quote-part au moment prévu par le contrat. La valeur future du bien peut évoluer ; chacun doit donc comprendre la part cédée, les conditions de sortie et le montant qui pourrait revenir à l’investisseur. Le dispositif est signé devant notaire, précise Vasco dans sa présentation du financement.
Un outil pour les restes à charge difficiles à couvrir
Le projet vise les propriétaires qui souhaitent effectuer une rénovation énergétique mais ne disposent pas des fonds suffisants pour lancer ou achever le chantier. Les aides publiques et l’épargne peuvent réduire la dépense, sans toujours l’effacer. Dans certains cas, emprunter davantage n’est pas possible ou n’est pas souhaité. Vasco se positionne sur ce reste à charge en utilisant la valeur du patrimoine immobilier plutôt que la capacité d’endettement mensuelle.
Le modèle concerne donc un choix patrimonial autant qu’un choix de travaux. Deux propriétaires ayant le même besoin de rénovation peuvent en apprécier différemment l’intérêt selon la valeur de leur logement, leur horizon de vente et leur volonté de conserver l’intégralité du bien.

La société indique financer notamment l’isolation, la toiture ou d’autres travaux qui améliorent la performance du logement. Elle s’adresse aux propriétaires occupants comme aux bailleurs, sur l’ensemble du territoire français. Les conditions concrètes dépendent toutefois du bien et du projet. La société précise qu’un scénario de rénovation énergétique est défini au préalable et inscrit dans la convention d’indivision. Il ne s’agit pas d’une avance librement utilisable pour n’importe quelle dépense de la maison.
Pour un ménage, l’intérêt de ce montage se juge aux côtés des solutions existantes. Le service public France Rénov’ permet d’examiner les aides et l’accompagnement disponibles avant de comparer les modes de financement du solde. Cette comparaison doit porter sur l’ensemble de l’opération : travaux, aides, part de propriété transférée et possibilité de rachat. La promesse de ne pas payer chaque mois ne remplace pas ce calcul.

Une levée de fonds pour changer d’échelle
La levée de 1,7 million d’euros marque une étape pour la jeune entreprise. Aquiti et makesense entrent au financement d’un modèle qui cherche à élargir l’accès aux rénovations énergétiques. Le passage de 60 opérations déjà financées à l’ambition de 1 000 par an en 2030 reste toutefois un objectif, pas un volume atteint. Le rythme réel dépendra du nombre de dossiers éligibles, de la capacité à mobiliser des capitaux et des décisions des propriétaires.
La question dépasse Vasco : de nombreux logements nécessitent des travaux, mais leur financement se heurte au reste à payer par les ménages. Cette entreprise propose une réponse par la propriété partagée. Son développement dira si ce mécanisme peut devenir une option courante, au-delà des premiers dossiers, pour financer des chantiers que les dispositifs habituels ne suffisent pas à déclencher.
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