deltaVision confirme son projet d’usine dans la métropole bordelaise. L’équipementier spatial franco-allemand, déjà installé à Mérignac avec une filiale d’ingénierie, prépare désormais une implantation industrielle en Gironde. Le futur site doit accompagner la fabrication de composants destinés aux lanceurs, satellites et véhicules orbitaux. Le calendrier vise l’horizon 2028, tandis que le lieu précis, l’investissement et les emplois restent à détailler.
De l’ingénierie mérignacaise à la production industrielle
La présence girondine de deltaVision ne part pas d’une page blanche. La société a installé sa filiale française au Cockpit de Bordeaux Technowest, avenue Marcel-Dassault à Mérignac. Cette première équipe se concentre sur la recherche, le développement de capteurs et les systèmes intelligents appliqués à la gestion des fluides. La fiche officielle de deltaVision SASU dans l’Annuaire des entreprises confirme cette implantation locale. Cette base offre déjà un point de contact aux partenaires industriels, avant le transfert progressif d’une partie des activités vers le futur site.
La nouvelle étape change cependant l’échelle du projet. Une usine doit désormais voir le jour dans la métropole bordelaise, avec l’objectif de produire sur place des équipements à forte technicité. Aucun terrain n’est encore annoncé publiquement et le volume des futurs recrutements n’est pas connu. L’entreprise devra donc préciser dans les prochains mois la localisation, la surface du site et la montée en cadence prévue.

Des pièces discrètes, mais vitales pour les missions spatiales
Dans une fusée ou un satellite, la propulsion dépend d’un réseau complexe de vannes, de pompes, de capteurs et de régulateurs. Ces éléments contrôlent la pression, la température et la circulation des ergols ou des gaz. deltaVision compare volontiers cet ensemble au système cardiovasculaire d’un engin spatial : les pièces restent peu visibles, mais la moindre défaillance peut compromettre une mission entière.
Fondée en 2022 par d’anciens ingénieurs d’Airbus et d’ArianeGroup, l’entreprise s’est développée rapidement. Elle compte environ 125 salariés dans une ancienne usine Siemens à Munich et peut produire jusqu’à 5 000 composants de propulsion par an. Son portefeuille dépasse les 60 clients sur quatre continents, des jeunes pousses aux agences spatiales et aux grands industriels.

Une levée de fonds pour accélérer en Nouvelle-Aquitaine
Le passage à l’industrialisation s’appuie sur une levée de 10,2 millions d’euros menée par KT Ventures et Valemount Capital, avec Futury Capital et plusieurs investisseurs industriels. Cette première ouverture du capital doit renforcer les capacités de production du groupe et financer le développement français. La Nouvelle-Aquitaine devient ainsi l’un des points d’appui de sa croissance européenne.
Le communiqué détaillé publié par Aerospace Valley sur la levée et la filiale régionale mentionne aussi la participation de deltaVision au programme lunaire européen Argonaut. Pour chaque mission, l’entreprise doit fournir une cinquantaine de produits, notamment des sous-systèmes de régulation de pression. Cette référence illustre le niveau d’exigence auquel devra répondre la future usine girondine.

Un projet stratégique pour la filière spatiale girondine
Pour Bordeaux et sa métropole, la confirmation du projet compte autant par les emplois potentiels que par la compétence industrielle apportée. Les systèmes fluidiques restent un maillon critique de la souveraineté spatiale européenne, avec peu de fournisseurs capables de livrer rapidement des ensembles complets et qualifiés. Produire davantage en Gironde rapprocherait deltaVision de plusieurs clients français et de partenaires implantés dans le Sud-Ouest.
Le calendrier jusqu’en 2028 laisse encore plusieurs inconnues. Le choix foncier, les autorisations, le financement immobilier et la constitution des équipes détermineront la taille réelle du site. Mais le signal industriel est clair : après avoir ouvert son bureau mérignacais, deltaVision veut désormais fabriquer en Gironde. La métropole gagne ainsi un projet susceptible d’étoffer durablement son écosystème spatial.
À lire aussi : Les prévisions météo du jeudi 27 août à Bordeaux




