Le jugement du tribunal de commerce redonne un argument majeur aux Girondins de Bordeaux. Le protocole financier porté par Sparta Capital et Park Bench est jugé viable si le club retrouve le National 1. Les fonds sont attestés, mais le tribunal ne peut pas imposer une réintégration à la FFF. Il invite désormais son Comité exécutif à réexaminer rapidement le dossier bordelais.
Un plan financier validé sous une condition décisive
Le jugement d’homologation ne règle pas à lui seul l’avenir sportif du FCGB, mais il donne une assise juridique au projet de reprise. Sud Ouest, qui a consulté et détaillé le jugement du tribunal de commerce de Bordeaux, rapporte que le club n’est pas considéré en cessation de paiements et que le protocole peut assurer la continuité de son activité sans léser les créanciers restés hors de l’accord.
Le document s’appuie notamment sur 10,6 millions d’euros déjà versés et séquestrés. Leur libération dépend toutefois d’une réintégration en National 1. Selon le budget prévisionnel présenté au tribunal, cette somme permettrait de terminer l’exercice 2026-2027 avec une trésorerie positive de 1,411 million d’euros. Le protocole prévoit aussi un financement additionnel de 10 millions de dollars, soit environ 8,6 millions d’euros, pour soutenir les saisons suivantes.

Les salaires ont servi de premier test concret
Avant même la décision, les deux candidats à la reprise avaient chacun avancé 52 500 euros pour régler les salaires de juillet. Une contribution liée au transfert de Dilane Bakwa de Strasbourg à Nottingham Forest doit compléter les besoins d’août. Ces versements constituent, pour le tribunal, des éléments concrets démontrant la capacité immédiate des investisseurs à intervenir.
La mécanique reste pourtant fragile. Le maintien en National 1 est une clause résolutoire du protocole : sans retour dans le championnat national, l’accord perdrait sa base économique. Le tribunal estime que cette situation menacerait l’exécution du plan de continuation, plus de 400 créanciers et de nombreux emplois directs ou indirects liés à un club fondé en 1881.

La FFF invitée à reprendre le dossier, sans injonction
Le passage le plus politique du jugement concerne la Fédération française de football. Le tribunal invite son Comité exécutif à prendre en considération les financements attestés et les engagements souscrits, puis à envisager une réintégration du FCGB en National 1. Cette formulation n’est pas une décision sportive : la justice commerciale ne dispose pas du pouvoir d’ordonner directement à la fédération de modifier sa position.
Le conciliateur reçoit néanmoins la mission d’engager toutes les démarches utiles auprès de la FFF et de son Comex. Il doit rendre compte des avancées sous sept jours. Le jugement se réfère au rôle des fédérations dans l’organisation des compétitions, défini par l’article L331-1 du Code du sport consultable sur Légifrance, ainsi qu’à une obligation de loyauté et de coopération dans l’exercice de leurs prérogatives.

Une dernière ouverture avant une possible nouvelle bataille
Le tribunal décrit une contradiction entre la bonne exécution du plan et l’exclusion actuelle des championnats nationaux. Il considère que les garanties financières sont réunies et que la non-réintégration constitue désormais le principal obstacle au protocole. Le club se réserve donc le droit d’utiliser ces constatations devant toute juridiction ou autorité compétente.
Pour les supporters, le jugement ouvre une porte sans offrir encore de certitude. Tout dépend maintenant d’une réunion du Comex, d’un éventuel nouvel examen par la DNCG et de la place accordée aux garanties apportées. Les prochains jours diront si ce levier commercial permet un changement de cap ou s’il devient la première pièce d’un nouveau contentieux.
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