La Nouvelle-Aquitaine a perdu près de 4 400 emplois salariés au deuxième trimestre 2026. Le recul reste limité en pourcentage, avec une baisse de 0,2 %, mais il prolonge une tendance engagée depuis la fin de l’année 2024. Agriculture, intérim et construction concentrent les difficultés, alors que l’industrie résiste et que les créations d’entreprises demeurent dynamiques.
Le secteur privé porte toute la baisse
Ce ralentissement régional s’inscrit dans une économie française elle-même peu vigoureuse. La Nouvelle-Aquitaine fait toutefois légèrement moins bien que la moyenne nationale, où l’emploi salarié a reculé de 0,1 % sur le trimestre. La différence paraît faible, mais elle représente plusieurs milliers de postes à l’échelle d’une région de plus de six millions d’habitants.

Le marché du travail se dégrade dans les douze départements, même si l’intensité varie. Le taux de chômage s’étend de 6,3 % en Corrèze et dans les Deux-Sèvres à 8,4 % en Charente. Cette amplitude rappelle que la moyenne régionale rassemble des économies locales très différentes.
Les effectifs salariés régionaux diminuent de 0,2 % entre avril et juin. La perte est entièrement imputable au secteur privé, tandis que l’emploi public ne contribue pas à la contraction. Les effectifs se stabilisent ou reculent dans la plupart des grandes activités, sans moteur assez puissant pour compenser les branches en difficulté.
Le mouvement ne constitue pas un accident isolé. L’emploi régional diminue depuis la fin de 2024, ce qui traduit une dégradation progressive plutôt qu’un choc brutal. Les entreprises ajustent leurs recrutements, ne remplacent pas toujours les départs et utilisent moins l’intérim lorsque leurs carnets de commandes deviennent moins lisibles.
L’agriculture enregistre la chute la plus forte
L’emploi salarié agricole recule de 5,5 % en trois mois, contre 2,6 % au niveau national. La nouvelle campagne d’arrachage de vignes, après celle menée en 2025, constitue l’une des explications avancées. Dans une région où la viticulture emploie directement et indirectement de nombreux salariés, la contraction dépasse les seules exploitations.
L’intérim baisse de 1,4 % et la construction de 0,5 %. Ces deux indicateurs sont particulièrement suivis : le travail temporaire réagit rapidement aux variations d’activité, tandis que le bâtiment reflète les décisions d’investissement des ménages, des entreprises et des collectivités. Le repli de ces secteurs signale une demande moins soutenue.

L’industrie résiste grâce aux matériels de transport
L’industrie conserve des effectifs globalement stables. La fabrication de matériels de transport continue de renforcer ses équipes, un élément important pour une région portée par l’aéronautique, le spatial et leurs sous-traitants. Cette stabilité industrielle évite un recul plus marqué, sans suffire à inverser l’évolution générale.
Les entreprises et les ménages peuvent suivre les principaux indicateurs régionaux grâce au baromètre des tendances régionales de la Banque de France. Les données sur le marché du travail et les offres disponibles sont également publiées par France Travail Nouvelle-Aquitaine.
Des créations d’entreprises qui restent nombreuses
Le tableau n’est pas uniformément négatif. L’entrepreneuriat demeure dynamique, avec des créations d’entreprises toujours nombreuses. Cet indicateur doit néanmoins être distingué de l’emploi salarié : une nouvelle structure peut démarrer sans salarié, sous le régime de la microentreprise, et ne créer un poste que plus tard.

La conjoncture régionale combine donc résistance et fragilité. Les créations témoignent d’initiatives nouvelles, mais les entreprises déjà installées réduisent globalement leurs effectifs. Les prochains trimestres diront si cette baisse reste contenue ou si elle gagne les secteurs jusqu’ici stables. Pour l’heure, les 4 400 emplois perdus confirment que le ralentissement est désormais visible sur le marché du travail.
À lire aussi : Franck Chaumès, restaurateur à Bordeaux, prend la présidence nationale de l’UMIH



