Quatre projets girondins figurent parmi les six nouveaux lauréats du volet régionalisé de France 2030, annoncés le 30 octobre. Au Haillan, à Mérignac, à Bègles et à Saucats, les travaux concernent la propulsion, le réemploi textile, l’imagerie médicale et les équipements industriels. L’ensemble de la sélection néo-aquitaine représente 1,2 million d’euros d’aides, pour près de 3,5 millions d’euros d’investissements. Ces montants portent sur les six dossiers, et non sur la seule Gironde.
France 2030 en Gironde : de la propulsion au réemploi textile
Au Haillan, HyPrSpace développe le projet SHADow, une propulsion hybride qui utiliserait l’oxygène de l’atmosphère. L’entreprise travaille déjà sur des technologies de lancement spatial. Le projet retenu vise ici des applications dans les basses couches de l’atmosphère, pour des véhicules civils ou de défense. Le financement accompagne une recherche technologique, sans valoir annonce d’une mise en service commerciale.

À Mérignac, Pragma, filiale technologique du groupe Easy Cash, s’attaque à une difficulté du marché de la seconde main : traiter de grandes quantités de vêtements qui restent, chacun, des pièces différentes. Sa plateforme associe reconnaissance d’image, intelligence artificielle et tarification prédictive pour identifier les articles et aider à les valoriser avant leur réemploi.
L’enjeu industriel se situe dans ce changement d’échelle. Identifier une pièce unique, en déterminer les caractéristiques et lui attribuer une valeur demande des opérations répétées sur des stocks hétérogènes. Le projet cherche à automatiser une partie de ce travail. Il porte sur l’outil de traitement des textiles, plutôt que sur l’ouverture d’un nouveau point de vente.
À Bègles, une recherche préclinique sur l’imagerie du foie
Soqut Imaging travaille sur une « biopsie numérique » par IRM, destinée à mieux caractériser le foie et la MASH, maladie associée notamment à des troubles métaboliques. Le dossier soutenu concerne le transfert de cette technologie au petit animal, dans un cadre préclinique. Il doit permettre de suivre l’effet de traitements sans sacrifier l’animal pour chaque mesure.

Cette étape ne correspond donc pas au lancement d’un examen proposé à tous les patients. Elle vise à adapter et à éprouver une méthode d’imagerie pour la recherche. La distinction compte : le financement public porte sur un développement précis, dont les résultats devront être évalués, et non sur une efficacité clinique déjà démontrée auprès du grand public.
À Saucats, A puissance 3 développe un rail intelligent et des capteurs connectés pour la mesure et la sécurité industrielles. L’objectif est de réduire le câblage nécessaire sur les installations. Le projet concerne ainsi les équipements qui recueillent et transmettent les mesures, avec des conséquences attendues sur leur installation et leur maintenance dans les sites industriels.

Un financement partagé entre l’État et la Région
Les deux autres lauréats sont Aquassay, à Limoges, pour le suivi de la consommation d’eau industrielle, et Art de bâtir, à Coulombiers dans la Vienne, pour un procédé de construction en chaux et chanvre projetés. Les six projets répondent à des besoins différents, de la gestion des ressources aux procédés de fabrication et aux outils de recherche.
Le volet régionalisé de France 2030 repose sur un financement partagé : un euro de la Région complète un euro de l’État. Bpifrance opère les appels à projets pour leur compte. Cette sélection s’ajoute aux dossiers déjà retenus dans la région, dont le cumul annoncé atteint 44 projets pour 10,8 millions d’euros d’aides publiques.
Les trois appels à projets régionaux couvrent l’innovation d’entreprise, les projets de filières et les collaborations de recherche et développement. Ils restent ouverts jusqu’au 31 décembre 2026. L’aide publique intervient pour faire avancer ces travaux ; leur développement industriel et leur capacité à trouver des débouchés constituent les étapes suivantes.
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