Le calendrier des Girondins de Bordeaux se joue désormais aussi au tribunal de commerce. Après une réunion jeudi 17 septembre, Park Bench et Gérard Lopez disposent jusqu’au mardi 22 septembre pour produire un engagement écrit sur la reprise du club. Les 10,6 millions d’euros réunis cet été restent sous séquestre. L’accord n’est pas signé : plusieurs dettes et les conditions du transfert doivent encore être réglées.
Le 22 septembre, une échéance écrite plutôt qu’une vente acquise
La réunion de jeudi a maintenu les discussions ouvertes. Les parties ont prolongé le séquestre des 10,6 millions d’euros apportés fin juillet par les investisseurs liés à Park Bench, alors que cette garantie arrivait à échéance. Elles doivent remettre un document écrit au tribunal au plus tard mardi. Cette pièce, plutôt que les déclarations d’optimisme, constituera le prochain fait décisif.
À défaut, une demande de résolution du plan de continuation pourrait être déposée. Le club serait alors convoqué devant la chambre du conseil, avec une liquidation envisagée autour du 29 septembre. La procédure n’est donc ni achevée ni automatiquement enclenchée. Le cadre du redressement judiciaire et du plan de continuation expliqué par Service-Public.fr rappelle qu’une liquidation relève d’une décision du tribunal, après examen de la situation de la société.

Des créances et un contentieux encore à solder
Le nœud des négociations ne se limite pas au prix des actions. Le candidat à la reprise souhaite également renégocier une partie des engagements financiers du club. Les échanges se poursuivent notamment avec le ministère de l’Économie au sujet des dettes de TVA et de sommes liées à la garantie des salaires. Un terrain d’entente aurait déjà été trouvé pour la dette envers l’Urssaf, mais les discussions avec l’État ne sont pas closes.
Autre dossier sensible : le litige prud’homal avec l’ancien entraîneur Vladimir Petkovic et son adjoint Antonio Manicone. Déboutés en première instance, ils réclamaient toujours 15 millions d’euros en appel après leur licenciement de janvier 2022. Le règlement de ce différend doit encore être négocié. Les modalités de la cession entre Gérard Lopez et Park Bench restent, elles aussi, à finaliser.
Une avancée concerne Fortress, créancier du club à hauteur de 2,5 millions d’euros. Un accord de principe aurait été trouvé pour racheter sa créance avec une réduction, mais il reste à le formaliser. Cette nuance compte : dans un dossier où plusieurs acteurs doivent consentir à des concessions, un accord annoncé n’a pas encore la portée d’un acte signé.

L’argent séquestré doit d’abord couvrir les échéances impayées
Si la reprise aboutit, la libération des fonds ne servirait pas d’abord à bâtir une nouvelle équipe. Elle permettrait de payer les échéances de mars et de juin restées impayées au titre du plan de continuation : 1,55 million d’euros au total, dont 800 000 euros dus à Fortress. Ce règlement est présenté comme la condition immédiate pour écarter la cessation des paiements.

Après le tribunal, le dossier sportif restera à défendre
Une issue favorable sur le plan financier ne replacerait pas les Girondins dans un championnat national. Le club, exclu des compétitions nationales, devrait présenter son projet à la commission régionale de contrôle de gestion de la Ligue de Football Nouvelle-Aquitaine pour obtenir l’autorisation de repartir en Régional 1 chez les hommes. Il s’agit d’une étape distincte de la négociation avec les créanciers.
La publication officielle des calendriers régionaux 2026-2027 permet de situer le cadre sportif dans lequel Bordeaux espère s’inscrire. Pour l’heure, aucune validation de la commission n’est acquise. Le maintien de l’équipe féminine en Division 3 ne change pas, à lui seul, le niveau de contrôle retenu pour la transaction portant sur l’équipe masculine.
Le rendez-vous est donc net : mardi 22 septembre, un engagement écrit doit remplacer les intentions affichées. Il dira si le projet de reprise peut avancer vers sa conclusion ou si le tribunal doit préparer une autre issue. Pour les Girondins, l’enjeu immédiat reste de préserver la société qui porte le club.
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