Le conflit autour du groupe Castel connaît un nouvel épisode judiciaire à Singapour. Une décision annoncée début octobre conforte Romy Castel dans le différend sur les droits de vote et la composition du conseil d’IBBM, société singapourienne liée à la gouvernance du groupe. La portée de cette victoire doit toutefois être délimitée : la bataille sur IBBM ne signifie pas, à elle seule, un changement immédiat de direction dans toutes les sociétés opérationnelles du groupe, notamment à Blanquefort.
Le vote de février 2026 au cœur du litige
L’affaire remonte à une assemblée générale extraordinaire d’IBBM tenue le 2 février 2026. Les actionnaires y ont contesté le sort de résolutions visant à révoquer Grégory Clerc et Pierre Baer de leurs postes d’administrateurs de cette société. Le désaccord portait en particulier sur la possibilité pour Romy Castel d’exercer ses droits de vote. Deux lectures opposées ont été défendues.
Le premier jugement publié par la Haute Cour de Singapour expose cette divergence : le président initial de séance n’a pas reconnu le vote de Romy Castel ; un président désigné ensuite par d’autres actionnaires l’a pris en compte et déclaré les résolutions adoptées. Le litige n’est donc pas une simple querelle de personnes. Il engage la validité de décisions formelles dans une structure de gouvernance.

Dans la procédure, Romy Castel et deux autres demandeurs sont présentés comme détenteurs ensemble de 72,33 % du capital d’IBBM. Ce pourcentage n’éteint pas le litige : c’est précisément l’exercice de certains droits de vote qui a été contesté.
Des mesures provisoires avant la nouvelle décision
En février, la justice singapourienne a interdit provisoirement à Pierre Baer et Grégory Clerc d’agir comme administrateurs d’IBBM. Les intéressés ont cherché à faire lever cette mesure. Le jugement publié le 25 septembre sur ces demandes maintient les interdictions provisoires et ordonne des démarches destinées à permettre l’examen de nouvelles nominations au conseil.
Ce texte judiciaire rappelle aussi une limite essentielle : la question centrale sur la validité des votes de février devait encore recevoir une décision dans la procédure principale. La décision de septembre ne transférait pas définitivement le contrôle de l’ensemble du groupe Castel. Elles protègent une situation juridique pendant que le fond du différend est examiné.
Ce que rapporte la décision d’octobre
Le nouvel épisode rapporté début octobre concerne précisément la validité des résolutions de l’assemblée de février. D’après les éléments rendus publics, la justice a confirmé les votes qui écartaient Grégory Clerc et Pierre Baer du conseil d’IBBM. Trois administrateurs ont été proposés pour les remplacer, et l’arrivée de Romy Castel elle-même demeure soumise à l’agrément du régulateur singapourien compétent.

Romy Castel présente cette décision comme un retour à une gouvernance conforme à la volonté des actionnaires. L’autre camp soutient que la direction opérationnelle du groupe n’en est pas modifiée. Ces positions ne sont pas équivalentes à une conclusion sur l’ensemble des entreprises Castel : elles montrent que la portée du jugement reste débattue. Le conseil d’IBBM et les directions des filiales demeurent deux niveaux de décision distincts.
Pourquoi Blanquefort suit ce dossier de près
Le dossier intéresse directement la Gironde parce que Castel Frères dispose d’une implantation majeure à Blanquefort. Aucun élément vérifié à ce stade ne permet cependant d’affirmer que l’activité du site, les emplois ou les opérations quotidiennes ont changé du seul fait de la décision rendue à Singapour.
Le conflit met aux prises une famille, des dirigeants et plusieurs niveaux de sociétés. Chaque décision judiciaire doit être rattachée à la société qu’elle vise. La justice singapourienne traite ici d’IBBM ; les conséquences éventuelles pour Castel Vins, Castel Frères ou d’autres sociétés devront être établies séparément. Pour l’heure, le fait nouveau est judiciaire et porte sur un conseil d’administration contesté.

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