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Appel de Bordeaux pour le climat : 25 signataires réclament l’urgence climatique

Un appel lancé depuis Bordeaux demande au Premier ministre et aux candidats à la présidentielle de 2027 de décréter l’urgence climatique. Autour de l’ancien maire Pierre Hurmic, 25 personnalités venues de la science, de la santé, de l’agriculture, de l’entreprise et de la société civile signent un texte nourri par les incendies, les canicules et les sécheresses de l’été 2026. Leur message distingue deux impératifs : protéger les territoires et réduire les émissions.

Appel de Bordeaux pour le climat : faire de l’urgence une priorité politique

Le mot « urgence » est au cœur du texte. Ses signataires ne réclament pas seulement une déclaration symbolique : ils veulent que le climat pèse sur les choix de l’État, du budget aux investissements publics. Leur demande s’adresse au Premier ministre et aux personnes qui brigueront la présidence en 2027. Aucun candidat n’a, à ce stade, pris l’engagement demandé dans le cadre de cet appel.

L’Appel de Bordeaux relie les événements climatiques de l’été 2026 à une demande d’engagement national adressée au gouvernement et aux candidats de 2027.

Pour Pierre Hurmic et ses cosignataires, l’été 2026 a rendu les risques difficiles à ignorer en Gironde. Les incendies autour de Saumos et du Porge, les évacuations, les fortes chaleurs et les tensions sur l’eau ont laissé des traces durables. Le texte part de cette expérience locale pour poser une question nationale : comment éviter de se limiter, année après année, à réparer les dégâts ?

La réponse avancée tient en deux verbes. Adapter, d’abord : mieux protéger les habitants, préparer les bâtiments, les réseaux et les espaces publics aux événements extrêmes. Réduire les émissions, ensuite : empêcher que le dérèglement continue de s’aggraver. Les auteurs jugent insuffisante une politique qui ne traiterait que les conséquences, aussi indispensables que soient les mesures de protection.

Bordeaux, point de départ d’un débat national

Le choix de Bordeaux n’est pas anodin. La ville et ses voisins ont vécu un été marqué par le feu et la chaleur, tandis que les collectivités doivent déjà revoir leurs manières d’aménager. La municipalité a présenté sa stratégie « Bordeaux s’adapte » consacrée à la chaleur et aux risques climatiques. L’appel porte un autre objectif : obtenir de l’État une trajectoire qui associe prévention locale et baisse des émissions à l’échelle du pays.

Le document propose de soumettre les grands investissements publics à plusieurs questions concrètes : contribuent-ils à la neutralité carbone ? Renforcent-ils la résistance des territoires ? Préservent-ils la biodiversité ? Il appelle aussi à accélérer la décarbonation des transports, des bâtiments, de l’industrie et de l’agriculture, à développer les énergies renouvelables et à mettre fin aux soutiens aux énergies fossiles.

Ces orientations restent des demandes politiques, pas des décisions actées. Le texte ne fixe ni calendrier gouvernemental ni enveloppe budgétaire. C’est précisément ce que la campagne présidentielle pourrait obliger les candidats à préciser. Pour les signataires, parler d’urgence ne prendra un sens que si les priorités annoncées se traduisent en mesures vérifiables.

Les signataires demandent que les choix publics tiennent compte de leurs effets sur les émissions, la résilience des territoires et la biodiversité.

La question des moyens, et celle de la justice sociale

L’appel insiste sur le rôle des collectivités territoriales. Elles organisent les mobilités, aménagent les villes, gèrent une partie des réponses aux risques et accompagnent les habitants. Les cosignataires demandent qu’elles disposent de moyens à la hauteur de ces responsabilités. Sans financement ni coordination avec l’État, la préparation aux crises risque de rester inégale d’un territoire à l’autre.

La dimension sociale traverse également le document. Les ménages les moins équipés pour se protéger de la chaleur, de la hausse des coûts ou d’un déplacement forcé ne vivent pas les aléas de la même façon que les autres. La transition juste défendue dans l’appel suppose donc un accès réel aux solutions moins émettrices et un soutien prioritaire aux publics les plus exposés.

La prévention des risques climatiques et la réduction des émissions forment les deux axes que les auteurs souhaitent placer au centre du débat public.

Les 25 signataires de l’appel

Le document original réunit bien 25 premiers signataires, dont Lucie Basch. Ils représentent des métiers et des engagements variés, de la recherche scientifique au commerce local. Voici la liste complète des noms associés au lancement de l’appel :

  • Pierre Hurmic — avocat et ancien maire de Bordeaux.
  • Yann Arthus-Bertrand — photographe et réalisateur.
  • Lucie Basch.
  • Gilles Bœuf — biologiste.
  • Fabrice Bonnifet — dirigeant engagé dans le développement durable.
  • Claire Bouyssou — laitière au marché des Capucins.
  • Mathilde Caillard — artiste militante.
  • Laurent Cassy — vigneron bio.
  • Camille Dufau — créatrice de contenu bordelaise.
  • Sarah Durieux — autrice et militante.
  • Timothée Duverger — chercheur à Sciences Po Bordeaux.
  • Marion Enzer — directrice générale de Fermes d’avenir.
  • Lydie Lescarmontier — glaciologue.
  • Lamya Essemlali — présidente de Sea Shepherd France.
  • Arthur Guérin-Turcq — géographe de l’environnement.
  • Jean Jouzel — paléoclimatologue.
  • Galitt Kenan — directrice du Jane Goodall Institute France.
  • Philippe Lassalle Saint-Jean — entrepreneur et responsable consulaire.
  • Denis Malvy — professeur de médecine à l’Université de Bordeaux.
  • Noël Mamère — journaliste et ancien maire de Bègles.
  • Théo Robache — animateur d’événements engagés.
  • Marc-André Selosse — professeur au Muséum national d’histoire naturelle.
  • Paul Tréguer — océanographe.
  • Laurence Tubiana — architecte de l’Accord de Paris.
  • Alice Vachet — journaliste spécialiste des sujets RSE.

Une pétition ouverte au public reprend l’Appel de Bordeaux pour le climat. La liste des premiers signataires n’est pas une mesure de soutien populaire : elle marque le lancement d’une interpellation dont la portée dépendra désormais des réponses politiques qu’elle suscitera.

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