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Incendies en Gironde et dans les Landes : la Région détaille 14 mesures pour la reconstruction

Les feux de l’été ont laissé 40 965 hectares brûlés en Gironde et dans les Landes. La Région Nouvelle-Aquitaine présente désormais 14 mesures pour les entreprises, la filière bois, le tourisme et les territoires touchés. Son plan mobiliserait environ 15 millions d’euros de fonds publics et cherche à entraîner des financements privés beaucoup plus importants. Il porte aussi une revendication adressée à l’État : une base permanente d’avions bombardiers d’eau dans le Sud-Ouest.

Quinze millions d’euros comme point de départ

Le financement annoncé réunit 10,5 millions d’euros régionaux et environ 4,4 millions de fonds européens. La collectivité présente cette somme comme un levier susceptible de mobiliser jusqu’à 127 millions d’euros privés. Ce dernier montant reste un objectif, pas une enveloppe déjà versée aux victimes. Les modalités des aides doivent être précisées lors de la commission permanente du 28 septembre.

Le détail des 14 mesures publié par la Région répartit l’action entre urgence économique, reconstruction et adaptation. Cette architecture montre l’étendue des conséquences : au-delà des surfaces forestières détruites, des ateliers, commerces, campings et emplois dépendent du retour à une activité normale. Les besoins immédiats ne sont pas identiques à ceux d’un massif forestier qui mettra des années à se reconstituer.

Un avion bombardier d’eau effectue un largage au-dessus d’une forêt
Moyens terrestres et aériens contribuent à freiner puis à contenir la progression d’un incendie. Photo : Mike Kutz / Pexels.

Des aides ciblées pour les entreprises

Le plan prévoit des prêts de 5 000 à 50 000 euros pour les entreprises sinistrées, en partenariat avec Bpifrance. Des reports d’échéance pouvant atteindre 24 mois sont envisagés sur certaines garanties bancaires déjà accordées. Les commerces et artisans qui doivent reconstruire un atelier pourraient bénéficier d’une aide plafonnée à 15 000 euros. Ces montants donnent une idée de l’échelle du soutien, mais ne préjugent pas de l’éligibilité de chaque demandeur.

Le tourisme fait l’objet d’un volet distinct : deux millions d’euros seraient orientés vers un dispositif de financement pour les établissements touchés, notamment hôtels et campings. Cette séparation est logique. Une entreprise qui a perdu des bâtiments doit investir avant de rouvrir ; une autre, matériellement intacte, peut avoir subi une chute d’activité parce que les visiteurs ont déserté la zone. Le plan tente de répondre à ces deux types de pertes sans les confondre.

Deux pompiers projettent de l’eau sur un incendie de nuit
La maîtrise du feu passe par l’abaissement des flammes et le traitement des zones actives. Photo : Vladimir Shipitsin / Pexels.

Le bois brûlé, une urgence industrielle et écologique

La Région évalue à environ 3,5 millions de mètres cubes le bois brûlé ou couché par les feux. Son évacuation ne peut être réduite à une opération de nettoyage : les propriétaires veulent sauver une partie de sa valeur, les scieries doivent pouvoir l’absorber et les milieux naturels ne doivent pas subir une seconde dégradation. Le calendrier compte, car la qualité du bois se détériore et les insectes ravageurs peuvent se développer.

L’accompagnement de la récolte doit donc arbitrer entre vitesse, débouchés économiques et biodiversité. La Région prévoit de mobiliser des organismes spécialisés pour définir cette réponse. Le massif landais est un outil de production, mais aussi un milieu vivant. Remplacer à l’identique ce qui a brûlé sans réfléchir à la prévention reviendrait à laisser entière la question posée par les étés de plus en plus exposés.

Forêt brûlée après un incendie
Après un incendie, les paysages forestiers restent vulnérables et nécessitent une vigilance durable. Crédit pexels.com

Une demande politique à l’État

La Région réclame l’implantation permanente de Canadair à Mérignac ou Mont-de-Marsan. Elle estime qu’une présence locale améliorerait la rapidité d’intervention lors des prochains départs de feu. La proposition figure parmi les trois demandes qu’elle adresse à l’État, avec une évolution des compétences en matière d’adaptation climatique et un rôle pilote pour le massif des Landes de Gascogne.

Cette revendication ne vaut pas décision d’implantation. La sécurité civile et les moyens aériens relèvent de l’État, qui devra arbitrer les besoins nationaux et les contraintes opérationnelles. Pour les habitants et les professionnels touchés cet été, le débat ne porte pas seulement sur une base future : il faut d’abord savoir quand les aides annoncées pourront être sollicitées et comment la reconstruction sera financée.

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