ActuNews

Incendies en Gironde : six collectivités veulent porter plainte après le feu de Saumos

Cinq communes girondines et la communauté de communes Médullienne ont décidé le principe d’une plainte contre X après les incendies de l’été 2026. Le Porge, Saumos, Salaunes, Le Temple et Sainte-Hélène veulent que la justice établisse les circonstances du sinistre et d’éventuelles responsabilités. La démarche n’équivaut pas encore à un dépôt de plainte effectif ni à la désignation d’un coupable. Elle ouvre une nouvelle étape pour des territoires toujours engagés dans la reconstruction.

Pourquoi ces communes envisagent une plainte

La décision réunit cinq communes touchées et leur intercommunalité. Lionel Montillaud, maire de Sainte-Hélène et président de la Médullienne, explique que la démarche doit permettre d’établir les faits et les circonstances des incendies. Les élus veulent aussi savoir si des responsabilités peuvent être identifiées. Cette clarification pourrait compter pour les dossiers d’assurance et les suites données aux dommages.

Le choix d’une plainte contre X est important. Il signifie que les collectivités ne désignent pas, à ce stade, une personne comme responsable. L’enquête éventuelle devra examiner les faits et les éléments recueillis avant toute conclusion. Les maires ne présentent donc pas une cause déjà prouvée : ils demandent précisément que les conditions du départ et de la propagation du feu soient éclaircies.

Arbres et sol calcinés après un incendie de forêt
L’ampleur exceptionnelle du mégafeu entraîne simultanément des centaines de dossiers d’habitation, de véhicules et de pertes d’exploitation. – Crédit :

Les collectivités ont acté le principe de déposer plainte, pas annoncé l’issue d’une procédure. Une constitution de partie civile pourra être envisagée ensuite, si les éléments réunis le justifient. Cette distinction évite de confondre trois temps différents : la décision politique des élus, le dépôt d’un dossier auprès de la justice et les conclusions qu’une enquête pourrait, ou non, apporter.

Un incendie dont le bilan reste considérable

Le feu de Saumos a parcouru 42 000 hectares pendant l’été, dont 37 296 hectares détruits. Le bilan publié par la préfecture de la Gironde après l’extinction du feu recense 252 maisons et bâtiments détruits. Il précise aussi que 2 473 bâtiments ont été préservés. Ces chiffres mesurent l’ampleur des dégâts sans résumer, à eux seuls, la situation de chaque commune.

Le feu de Saumos a parcouru 42 000 hectares ; le bilan préfectoral recense 252 maisons et bâtiments détruits et près de 224 000 personnes évacuées.

Les évacuations ont marqué tout le secteur. Selon ce même bilan officiel, près de 224 000 personnes ont été évacuées préventivement dans 23 communes. Le retour des habitants ne clôt pourtant pas les difficultés : logements touchés, réseaux à remettre en état, parcelles à sécuriser et démarches administratives continuent d’occuper les collectivités. Le traitement judiciaire envisagé s’ajoute donc à un chantier de réparation déjà engagé.

Les six collectivités qui souhaitent agir ne représentent pas à elles seules l’ensemble des 23 communes concernées par les évacuations. Leur initiative porte sur leurs propres territoires et sur les conséquences du feu qu’elles veulent faire examiner. À ce stade, aucun montant global de préjudice ni calendrier précis de dépôt n’a été annoncé dans les éléments rendus publics.

Ce que la justice pourrait examiner

La plainte viserait à donner un cadre judiciaire à la recherche des circonstances du sinistre. Porter plainte contre X ne préjuge ni d’une faute ni d’une indemnisation. La procédure peut permettre de réunir des pièces, de confronter des éléments techniques et, si les conditions sont réunies, d’identifier des responsabilités. Les résultats dépendront des investigations et des décisions de l’autorité judiciaire.

Les collectivités veulent faire établir les circonstances du sinistre ; la plainte envisagée ne désigne encore aucun responsable et ne préjuge pas des conclusions judiciaires.

La fiche de Service-Public sur la plainte adressée au procureur rappelle qu’une plainte peut être déposée contre X lorsque l’auteur supposé n’est pas connu. Elle indique également que les documents de preuve doivent être joints au dossier. Pour les communes sinistrées, cette logique explique l’importance des constats, des photographies, des factures et des évaluations de dommages réunis depuis l’été.

Le dossier reste donc ouvert. Les élus ont exprimé une intention collective et veulent obtenir des réponses sur ce qui s’est passé. La justice, et non la plainte elle-même, établira les faits susceptibles d’engager une responsabilité. D’ici là, la priorité locale demeure la reconstruction et l’accompagnement des habitants touchés par le feu.

À lire aussi : Bordeaux : foncière, cashback, travaux… ce que prévoit le plan pour les commerces.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page