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Bordeaux : foncière, cashback, travaux… ce que prévoit le plan pour les commerces

Les vitrines vides ne sont plus un sujet marginal à Bordeaux. La municipalité a présenté lundi 12 octobre un ensemble de mesures pour soutenir les commerces du centre et des quartiers : une foncière capable d’intervenir sur certains locaux, une expérimentation de remise liée aux achats de proximité et des démarches simplifiées pour les professionnels. Les annonces dessinent une stratégie, mais plusieurs paramètres décisifs, notamment le financement et le calendrier, restent à préciser.

Une foncière pour les locaux vacants

Le premier levier vise les locaux vacants. La Ville veut créer une foncière commerciale susceptible d’acquérir des emplacements jugés stratégiques, notamment en utilisant de manière ciblée le droit de préemption. L’objectif annoncé est d’éviter que des rues perdent progressivement leurs boutiques et de maintenir une diversité d’activités. Le dispositif ne donnera toutefois une mesure de son ambition qu’une fois connus son budget, ses critères d’intervention et le nombre de locaux qu’il pourra réellement remettre sur le marché.

La foncière annoncée par Bordeaux doit cibler des locaux commerciaux vacants.

Cette annonce s’ajoute à la taxe sur les friches commerciales votée le 28 septembre, dont l’application est prévue au 1er janvier 2027. Pour défendre cette décision, la municipalité avance une progression de la vacance commerciale de 4,5 % en 2018 à 7,6 % en 2024. Elle indique vouloir réinvestir le produit de la taxe dans l’espace public proche des commerces concernés, notamment les trottoirs et l’éclairage. L’effet concret dépendra du montant collecté et des secteurs effectivement concernés.

Faire venir des clients, puis les faire acheter

La question n’est pas seulement immobilière. Bordeaux compte environ 7 000 commerçants et artisans, selon le chiffre présenté par le maire Thomas Cazenave. Une enquête de Bordeaux Mon Commerce, dévoilée en juin, montrait que l’attrait du centre-ville ne se traduit pas automatiquement en achats : 55 % des personnes interrogées citaient le shopping parmi leurs motifs de venue, tandis que 51 % déclaraient fréquenter ses commerces moins d’une fois par mois. Accès, stationnement et temps de trajet figuraient parmi les freins mentionnés.

La taxe sur les friches commerciales doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027.

Pour agir sur les achats, la mairie évoque un système de cashback local. Le principe serait d’accorder des réductions aux clients après leurs dépenses chez des commerçants bordelais. Rien ne permet encore de mesurer sa portée : le taux de remise, le financement, les commerces participants et la date de lancement n’ont pas été détaillés. La proposition reste donc, à ce stade, une expérimentation annoncée plutôt qu’un avantage disponible en boutique.

Des quartiers et des contraintes différentes

La Ville souhaite aussi rendre les rues commerciales moins dépendantes des seuls axes les plus fréquentés. Elle envisage des parcours autour de la gastronomie, de l’artisanat, du vin et de la seconde main, ainsi qu’un renforcement des animations de fin d’année. Les quartiers Marne-Capucins-Yser et Grand Parc sont cités pour la préservation des commerces du quotidien ; Brazza et Belvédère pour le développement d’une animation commerciale adaptée à leurs nouveaux habitants.

La municipalité veut associer les commerçants aux projets de travaux dans leurs rues.

Les professionnels attendent par ailleurs des réponses sur les chantiers et les démarches courantes. Des référents devraient anticiper les conséquences des travaux de voirie et diffuser plus tôt les calendriers. La municipalité veut défendre une révision du système métropolitain d’indemnisation, simplifier les autorisations de terrasses et d’étalages, et créer un canal prioritaire de signalement des dégradations devant les boutiques. Un Conseil du commerce doit entretenir le dialogue avec les chambres consulaires.

Des annonces à transformer en mesures

Le plan combine ainsi des décisions déjà engagées et des outils encore à construire. La taxe sur les locaux vacants dispose d’une date d’entrée en vigueur ; la foncière, le cashback et plusieurs simplifications attendent leurs modalités. La prochaine étape sera moins une nouvelle annonce que la publication de ces règles : elles diront quels commerçants peuvent bénéficier du dispositif, dans quels quartiers et avec quels moyens.

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