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LGV Bordeaux-Toulouse : les déboisements se heurtent aux blocages en Sud-Gironde

Le chantier préparatoire de la LGV Bordeaux-Toulouse rencontre des blocages sur plusieurs parcelles du Sud-Gironde. Des forestiers et des opposants ont empêché ponctuellement la progression d’engins engagés dans le déboisement du futur tracé. À Ayguemorte-les-Graves, une vingtaine de personnes ont participé à une action. La contestation se déroule alors que plusieurs recours visant l’autorisation environnementale restent examinés par la justice.

Des coupes préparatoires, pas encore la pose des voies

Depuis le 1er octobre, les interventions autorisées portent sur la libération des emprises nécessaires aux étapes préalables du projet. Les coupes doivent permettre des diagnostics archéologiques et des sondages géotechniques. Il ne s’agit pas encore de poser les voies ferrées. Pour les opposants, cette phase reste néanmoins décisive, car les arbres coupés ne pourront pas être rétablis si une juridiction remet ensuite en cause le calendrier.

Des membres de l’association LGVEA, Landes Graves viticulture environnement en Arruan, et des forestiers ont réussi à arrêter temporairement des opérations sur certaines parcelles.

Des actions ont eu lieu notamment les 6 et 7 octobre. Des membres de l’association LGVEA, Landes Graves viticulture environnement en Arruan, et des forestiers ont réussi à arrêter temporairement des opérations sur certaines parcelles. Les faits connus ne permettent pas de dire que l’ensemble des déboisements est suspendu. La distinction entre un blocage de terrain et une décision administrative ou judiciaire est essentielle.

Les actions menées sur les parcelles

Le conflit se joue aussi devant le tribunal administratif de Bordeaux. LGVEA et le groupement des sylviculteurs du Sud-Ouest ont déposé deux référés-suspension contre l’autorisation environnementale accordée en février. Ils demandent l’arrêt des travaux pendant que la légalité des décisions est examinée. Un recours déposé n’a pas automatiquement cet effet : il faut une ordonnance du juge pour suspendre les opérations visées.

Des forestiers et des militants ont bloqué ponctuellement des engins en Sud-Gironde.

Le collectif LGV Non Merci dénonce une accélération des coupes. Trois députés de Gironde, Loïc Prudhomme, Mathilde Feld et Nicolas Thierry, parlent de passage en force et demandent aux autorités d’attendre une décision judiciaire. Ils soulèvent aussi des questions d’affichage et d’information dans les communes. Ces critiques sont des prises de position documentées, mais elles ne valent pas constat de l’illégalité des travaux.

Des recours encore examinés par la justice

Les propriétaires des parcelles concernées portent d’autres interrogations. À Portets, certains ont engagé une contre-expertise autour de l’estimation des bois et demandent l’arrêt du chantier. La préparation de la ligne ferroviaire produit ainsi des tensions concrètes sur l’accès aux terrains, la valeur des arbres et le rythme des interventions. Elles touchent directement les communes traversées, bien avant la construction du rail.

Les recours contre l’autorisation environnementale restent distincts des actions de terrain.

Le projet de grande vitesse est souvent débattu à partir de ses futurs temps de trajet. Sur place, le premier contact avec le chantier se fait plutôt par les machines et les coupes forestières. Cette différence de perspective explique une partie de la mobilisation : un calendrier technique présenté comme préparatoire peut déjà modifier le paysage et l’usage des parcelles.

Le calendrier du chantier contesté

La suite dépend à la fois des opérations menées sur le terrain et des décisions attendues au tribunal. À ce jour, les blocages observés sont localisés ; les référés demandent une suspension plus large. Aucun abandon de la LGV n’est annoncé. Dans le Sud-Gironde, l’actualité est celle d’un bras de fer sur la phase préparatoire et sur le moment auquel elle peut légalement avancer.

Présenter ces actions comme une victoire définitive ou, à l’inverse, comme un incident sans conséquence serait trompeur. Elles montrent une opposition organisée, capable de stopper temporairement des machines, mais leur portée juridique reste limitée. Les procédures en cours peuvent clarifier l’autorisation des coupes. D’ici là, chaque nouvelle parcelle abordée par le chantier expose les mêmes tensions entre propriétaires, riverains, associations et porteurs du projet. Pour les habitants, la question se pose parcelle par parcelle, au rythme des interventions effectivement engagées.

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