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L’Iglou, l’invention bordelaise qui aide les sans-abris à affronter le froid

Face à des hivers toujours plus rudes, un Bordelais a imaginé une solution simple pour protéger les personnes sans domicile fixe. Baptisé « Iglou », cet abri d’urgence permet de gagner quelques degrés et surtout un peu de répit, sans prétendre remplacer les dispositifs d’hébergement existants.

Quand les températures descendent, la rue devient encore plus impitoyable. Si tu t’es déjà demandé comment survivre à une nuit glaciale sans toit, l’Iglou apporte un début de réponse. À l’origine de cette invention : Geoffroy de Reynal, un Bordelais qui a choisi d’agir concrètement face à la détresse des sans-abris.

Face aux hivers rudes, un Bordelais crée l’Iglou, abri d’urgence offrant chaleur sans remplacer l’hébergement. © Iglou

D’emblée, il pose le cadre. « Je ne me substitue pas aux hébergements d’urgence ni aux associations », explique-t-il au journal France Bleu. L’Iglou n’est pas une solution définitive, mais une aide ponctuelle. Un moyen de rendre la vie dehors un peu moins pénible, rien de plus. « Avoir un Iglou ne fait pas disparaître la précarité », rappelle-t-il avec lucidité.

Conçu à partir de mousse de polyéthylène isolante et de parois en aluminium, l’abri mesure environ deux mètres de long pour un mètre vingt de large. Sa promesse est simple : conserver jusqu’à 15 degrés à l’intérieur quand il fait zéro à l’extérieur. Un gain précieux. « Certaines personnes qui dormaient très peu arrivent enfin à se reposer quelques heures sans grelotter », confirme Morgan Garcia, coordinateur de la mission squat de Médecins du Monde à Bordeaux.

Déployés à Bordeaux, des dizaines d’Iglous convainquent, malgré limites, en attendant versions mobiles et familiales. © Eric Kleinhoffer

Grâce à cette association, plusieurs dizaines d’Iglous ont déjà été installés à Bordeaux et dans ses environs. Les retours sont globalement positifs, même si des limites persistent. Peu mobile, conçu pour une ou deux personnes, l’abri ne convient pas à toutes les situations. Geoffroy de Reynal travaille donc à l’améliorer, avec l’objectif de le rendre plus transportable et modulable, notamment pour accueillir des familles.

Autre enjeu majeur : la discrétion. En centre-ville, beaucoup de personnes sans abri cherchent à rester invisibles. Blancs et rigides, les Iglous attirent l’œil. Ils s’adressent donc surtout à celles et ceux qui sont installés durablement à un endroit.

Pour financer son projet, Geoffroy de Reynal a lancé une campagne participative. Résultat : près de 18 000 euros récoltés, bien au-delà des 5 000 espérés. Une preuve, selon lui, que « chacun a une responsabilité quand il voit des gens dormir dehors ».

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