Bordeaux veut prendre de l’avance face aux moustiques avant les fortes chaleurs estivales. La Ville et Bordeaux Métropole renforcent leur plan de démoustication pour limiter les nuisances et freiner le moustique tigre. Repérage des gîtes larvaires, kits gratuits, formations et gestes simples sont au cœur du dispositif. Une bataille locale qui se joue autant dans les espaces publics que dans les jardins, balcons et résidences privées.

Un plan renforcé avant le pic de l’été
À Bordeaux, la lutte contre les moustiques prend une nouvelle dimension à l’approche de l’été 2026. Selon la Ville de Bordeaux, le dispositif municipal et métropolitain est renforcé pour mieux prévenir les nuisances, limiter la prolifération du moustique tigre et accompagner les habitants dans les bons gestes. L’enjeu est clair : agir plus tôt, plus largement et plus près des lieux où les moustiques se développent.
Le cœur de la stratégie repose sur l’identification des gîtes larvaires, ces points d’eau où les moustiques pondent et se multiplient. Bordeaux Métropole suit déjà plus de 2 100 gîtes larvaires sur le domaine public métropolitain. Mais la Ville rappelle qu’une partie importante du problème se joue aussi dans les espaces privés : jardins, résidences, terrasses, équipements collectifs ou petits contenants oubliés après la pluie.

Écoles, crèches, EHPAD : les équipements municipaux passés au crible
Après les écoles, les crèches, plusieurs cimetières et résidences autonomie, le repérage s’étend progressivement à l’ensemble des équipements municipaux. EHPAD, logements du CCAS, centres d’animation, centres de soins et autres sites publics doivent être examinés avec la même logique : repérer les zones à risque avant que les larves ne deviennent des moustiques adultes.
La Ville mise aussi sur des solutions complémentaires. Des gambusies, petits poissons prédateurs de larves, doivent être introduites dans certains bassins artificiels. Des expérimentations avec les oiseaux de ville sont également prévues grâce à la création d’abris adaptés. Dans les espaces publics, la plantation de végétaux répulsifs comme la citronnelle, le géranium ou la lavande doit être développée, avec une distribution de graines aux habitants.
Des kits gratuits et un rôle central pour les habitants
À partir du début du mois de juillet, environ 2 000 kits anti-moustiques doivent être distribués gratuitement dans les mairies de quartier et lors d’actions de sensibilisation. Chaque kit comprend un sachet de larvicide en granulés, du sable, un flyer de bons gestes et un autocollant avec QR code vers des tutoriels. L’objectif n’est pas seulement de traiter, mais de rendre chaque habitant acteur de la prévention.
Le message est simple : supprimer les eaux stagnantes. Coupelles de pots de fleurs, récupérateurs d’eau, regards de descente d’eau pluviale, terrasses sur plots, bâches, piscines hors d’usage ou petits récipients peuvent devenir des lieux de ponte. Le portail national de signalement du moustique tigre rappelle que cette espèce invasive est suivie par les autorités sanitaires, notamment parce qu’elle peut, dans certains cas, transmettre la dengue, le chikungunya ou Zika.

Une réponse locale, mais une vigilance collective
Le portail de signalement de Bordeaux Métropole accompagne aussi les communes dans l’identification des zones à risque et forme des agents appelés à devenir relais sur le terrain. Plusieurs agents municipaux sont concernés dans un premier temps, notamment dans les espaces verts et les cimetières. La Ville s’associe par ailleurs au projet de création d’un Pôle d’excellence de la lutte contre la prolifération des moustiques, copiloté avec Bordeaux Métropole, l’ARS et l’université.
Pour les Bordelais, la période estivale impose donc une vigilance de proximité. Porter des vêtements couvrants, utiliser des répulsifs adaptés en journée et vider régulièrement les contenants d’eau restent des réflexes essentiels. Le plan public donne le cadre, mais la réussite dépendra aussi de gestes répétés, quartier par quartier, avant que les moustiques ne s’installent durablement.
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