En Nouvelle-Aquitaine, le départ de collaborateurs clés préoccupe 28 % des entreprises interrogées dans une enquête publiée cette année. Derrière ce chiffre, une question très concrète pour les employeurs : comment garder les compétences dont dépend l’activité quotidienne ? Les données régionales sur le recrutement et les aspirations des cadres apportent du contexte, sans permettre de conclure que toutes les entreprises rencontrent les mêmes difficultés.
Un chiffre régional à lire avec prudence
Le résultat porte sur la stabilité des effectifs, et plus précisément sur la crainte de voir partir des membres importants de l’équipe. Il ne signifie pas que 28 % des entreprises ont déjà perdu un salarié clé, ni que tous les secteurs sont touchés dans les mêmes proportions. Il mesure une préoccupation déclarée par les dirigeants interrogés.
L’enquête a été menée en février 2026 auprès de 350 responsables d’entreprise. Sa présentation donne ce résultat pour la Nouvelle-Aquitaine, mais ne précise ni le nombre de répondants régionaux ni la marge d’erreur. Le pourcentage constitue donc un signal sur les inquiétudes exprimées, pas un décompte exhaustif des employeurs du territoire. Cette limite interdit aussi d’établir un classement précis entre secteurs ou départements de la région à partir de cette seule donnée.

Recruter reste un enjeu en Nouvelle-Aquitaine
Cette préoccupation prend une autre dimension lorsqu’on regarde les besoins d’embauche. Selon l’enquête régionale Besoins en main-d’œuvre 2026 de France Travail, les employeurs prévoient 248 800 projets de recrutement en Nouvelle-Aquitaine. Parmi eux, 49,8 % sont jugés difficiles à réaliser. La demande existe donc, même si elle varie selon les métiers et les territoires.
France Travail indique également que 43 % des projets sont saisonniers. Ce détail compte : un besoin ponctuel de main-d’œuvre et le départ d’un collaborateur installé dans une équipe ne posent pas le même problème. Dans le second cas, l’entreprise doit parfois remplacer une connaissance des clients, des outils ou de l’organisation qui ne se transmet pas en quelques jours.

Ce que disent les cadres de leurs envies de mobilité
Du côté des salariés, une étude de l’Apec consacrée aux cadres de Nouvelle-Aquitaine apporte un éclairage distinct. Réalisée en 2024 et publiée en 2025, elle montre que 39 % des cadres interrogés envisagent de changer d’entreprise dans les douze mois. Il s’agit d’une intention, non d’un nombre de démissions constatées.
L’Apec relève aussi que l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle constitue un critère essentiel pour 59 % des cadres lorsqu’ils envisagent un changement d’entreprise. Ces réponses concernent les cadres du secteur privé, tandis que l’enquête sur les dirigeants couvre un autre public. Les deux chiffres ne se comparent pas directement ; ils indiquent toutefois que la fidélisation ne se joue pas uniquement au moment de négocier un salaire.

La fidélisation, un sujet de gestion quotidienne
Pour un employeur néo-aquitain, la question se pose bien avant qu’une démission soit annoncée. Répartition de la charge de travail, possibilités d’évolution, transmission des savoir-faire : ces sujets deviennent particulièrement sensibles lorsqu’une petite équipe repose sur quelques personnes expérimentées. Ils ne constituent pas une recette universelle, mais des points à examiner selon la taille et l’activité de chaque structure. Les réponses invitent plutôt à interroger les pratiques internes qu’à chercher une explication unique au phénomène.
La vigilance porte autant sur les départs possibles que sur leurs conséquences. Une entreprise qui identifie les compétences difficiles à remplacer peut mieux organiser leur partage et anticiper les recrutements. Le chiffre de 28 % ne décrit pas à lui seul la situation économique de la Nouvelle-Aquitaine ; il rappelle que, pour une partie des dirigeants interrogés, garder les bons profils est déjà une priorité.
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