17 machines en service aujourd’hui, 500 visées d’ici 2030 : Ouidrop affiche l’écart que sa nouvelle usine devra combler. La société girondine inaugure ce jeudi 17 septembre 2026 à Bruges un site de 3 000 m² consacré à la conception et à la fabrication de ses points de retrait robotisés. Elle quitte Bordeaux Maritime pour rassembler ses équipes. Cette installation marque un changement d’échelle industriel ; elle ne garantit pas encore que les commandes suivront au rythme annoncé.
Des courses commandées en ligne, retirées près de chez soi
Ouidrop ne prépare pas les paniers des clients. Ses machines permettent aux enseignes de remettre des commandes déjà constituées. L’acheteur passe commande en ligne, puis vient récupérer ses produits dans un point de retrait équipé. Des compartiments adaptés accueillent le sec, le frais et le surgelé. Le distributeur choisit ensuite où installer la machine, selon ses clients et ses possibilités d’implantation.

La description des drives piétons autonomes par Ouidrop explique le mécanisme : des casiers conservent la commande, que la machine achemine vers une trappe à l’arrivée du client. Logiciel, robotique et chaîne du froid doivent fonctionner ensemble. Une panne sur l’un de ces éléments suffit à compliquer un retrait censé faire gagner du temps. Fabriquer l’ensemble dans un même site peut faciliter les tests et les corrections.
Thibault Soulier a fondé l’entreprise il y a près de dix ans. Il revendique une maîtrise allant de l’informatique à la mécanique. Leclerc, Intermarché et U figurent parmi les enseignes clientes citées. Ouidrop leur vend un équipement ; elle ne choisit pas seule l’emplacement final des points de retrait. L’intérêt pour le consommateur dépendra donc aussi des décisions prises par ces distributeurs.
À Bruges, la production prend de la place
Le nouveau site réunit études, industrialisation et assemblage sur 3 000 mètres carrés. Ce regroupement doit aider l’entreprise à passer des petites séries à une fabrication répétable. Il faudra approvisionner les composants, monter les systèmes, contrôler la chaîne du froid et assurer la maintenance des appareils en fonctionnement. La surface supplémentaire sert cette organisation ; elle ne constitue pas, à elle seule, une capacité de livraison démontrée.
Ouidrop annonce 17 machines installées en France, dont deux en Gironde, aux Chartrons à Bordeaux et à Lesparre-Médoc. Atteindre 500 unités en 2030 suppose de multiplier les implantations bien au-delà du rythme actuel. La société s’en donne les moyens matériels à Bruges, mais ce chiffre reste un objectif. Sa réalisation dépendra des commandes, du financement, des fournisseurs et du fonctionnement des premières machines.
L’entreprise indique sa nouvelle adresse rue Robert-Mathieu à Bruges. Elle reste ainsi dans l’agglomération où elle s’est développée. Cette proximité peut accélérer les échanges entre concepteurs et équipes de production lorsqu’une pièce doit être modifiée. Pour un produit qui mêle mécanique et logiciel, corriger vite un défaut détecté sur une machine déjà livrée sera aussi important que sortir la suivante de l’atelier.
Chiffre d’affaires et recrutements restent à confirmer
La société déclare 3 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et vise un doublement en 2026. Le second montant est une prévision, pas un résultat publié. Ouidrop envisage également une vingtaine de recrutements dans les prochains mois. Ces postes ne doivent pas être comptés comme déjà créés. La nouvelle usine offre un cadre pour cette croissance annoncée ; les livraisons et les embauches permettront de la mesurer.
Le bénéfice promis au client tient à la proximité et à la rapidité. Une machine placée sur un trajet habituel peut éviter un détour vers un grand drive ; une machine mal située n’apportera pas cet avantage. Les horaires, la fiabilité du retrait et la gamme de produits proposée par l’enseigne pèseront tout autant que la technologie. L’usage réel dira si ces points de retrait changent les habitudes d’achat.

À Bruges, Ouidrop peut désormais fabriquer plus grand. Sa réussite se vérifiera hors de l’usine, dans les machines livrées, entretenues et utilisées.
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