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À Bordeaux, un récital de piano fait entrer théâtre et danse dans la musique

Un piano, une comédienne et trois siècles de musique dans un même spectacle. Récital dé-Piano-té ! revient à L’Impromptu, à Bordeaux, vendredi 2 octobre à 20 heures. Pascal Pistone et Mathilde Chatin croisent le grand répertoire avec sketches, vidéo et danse. Le spectacle dure environ 1 h 10. Son intérêt tient à cette façon de déranger le cérémonial du récital sans faire disparaître les œuvres.

Pascal Pistone et Mathilde Chatin présentent Récital dé-Piano-té ! le 2 octobre à L’Impromptu, entre piano, théâtre, vidéo et danse à Bordeaux.

Bach et Gershwin hors du récital traditionnel

Le programme traverse Bach, Beethoven, Liszt, Saint-Saëns, Debussy, Ravel et Gershwin. Ce voisinage est volontairement large : il fait entendre des écritures et des époques qui ne se rencontrent pas toujours dans un même concert. Charlie Chaplin figure aussi parmi les références annoncées. Le spectacle ne promet pas une intégrale de chacun, mais une circulation entre des œuvres, des images et des gestes de scène.

Pascal Pistone tient le piano. Mathilde Chatin intervient comme comédienne, danseuse et multi-instrumentiste. Cette distribution suffit à expliquer pourquoi le résultat ne se réduit pas à des morceaux enchaînés. L’un porte la matière musicale au clavier ; l’autre introduit des ruptures de rythme et de langage. Le programme de L’Impromptu confirme la date du 2 octobre et l’association des deux artistes.

Le titre joue avec le mot « déjanté », mais il ne faut pas y voir une promesse de parodie permanente. Le spectacle mêle passages joués, théâtre musical, vidéo et danse contemporaine. Ces interventions changent la manière d’écouter, notamment lorsque l’image ou le corps interrompent le tête-à-tête habituel entre le public et l’instrument. Le répertoire reste présent ; sa présentation, elle, accepte le détour.

Le spectacle puise dans Bach, Beethoven, Debussy, Ravel, Gershwin et Chaplin pour bousculer la forme habituelle du récital classique sur scène.

Deux artistes habitués aux frontières entre disciplines

Pistone est pianiste, compositeur et enseignant en musicologie à l’université Bordeaux Montaigne. Son parcours explique l’intérêt du spectacle pour l’analyse, l’improvisation et les correspondances entre arts. Sur scène, cette culture musicale n’est pas exposée sous la forme d’une conférence. Elle nourrit un montage où l’on peut passer d’une pièce classique à un geste théâtral sans séparer les deux mondes.

Mathilde Chatin écrit et interprète également ses propres chansons. Elle pratique plusieurs instruments et la danse, un profil qui convient à une proposition où la présence scénique compte autant que la partition. Leur collaboration permet d’éviter l’image d’un pianiste accompagné d’une simple présentatrice. Les deux interprètes fabriquent le rythme de la représentation et prennent part aux changements de registre.

La page de présentation du récital annonce également une participation du pianiste argentin Alberto Barbes. Le libellé ne précise pas à quelles dates exactes cette participation intervient dans la longue série. Elle ne doit donc pas être présentée comme certaine pour la séance du 2 octobre. Le duo Pistone-Chatin constitue, lui, le noyau clairement annoncé de la soirée bordelaise.

Cette séance bordelaise ouvre une série de dates annoncées jusqu’en juin 2027, avec une représentation d’environ une heure et dix minutes.

Une première date d’octobre dans une longue série

La séance du vendredi 2 octobre 2026 débute à 20 heures. D’autres dates sont annoncées jusqu’au 26 juin 2027, ce qui inscrit le récital dans une série plutôt que dans une représentation isolée. La durée annoncée, 1 h 10, donne la mesure du format : assez long pour développer les passages entre disciplines, mais plus resserré qu’un grand spectacle en plusieurs parties.

L’Impromptu affiche un tarif plein à 10 euros et un tarif réduit à 7 euros sur justificatif. Une boisson est annoncée avec le billet. Ces détails situent le spectacle dans une petite salle bordelaise où les artistes jouent au plus près du public. Ils ne remplacent pas la question centrale : comment des œuvres familières changent-elles quand elles sont traversées par la scène et l’humour ?

Le pari artistique est là. Récital dé-Piano-té ! ne demande pas aux spectateurs de choisir entre concert classique et théâtre. Il place ces pratiques dans la même heure, parfois en friction. Vendredi, Bach ou Ravel ne seront pas seulement joués : ils serviront de point de départ à une performance dont les écarts font partie intégrante de l’écriture.

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