Roland Petit au Grand-Théâtre : quatre ballets pour une soirée à Bordeaux
PUBLICITÉ – Quatre ballets, une même signature. Du 7 au 14 octobre 2026, le Ballet de l’Opéra national de Bordeaux consacre huit soirées à Roland Petit. L’Arlésienne, Thaïs, La Prisonnière et Carmen y dessinent le portrait d’un chorégraphe pour qui danser signifiait aussi jouer, aimer, souffrir et raconter. Cette soirée de deux heures fait entrer ces œuvres au répertoire de la compagnie bordelaise.

Roland Petit à Bordeaux : quatre œuvres, quatre tempéraments
Décédé en 2011, Roland Petit a créé plus d’une centaine de ballets. Formé à l’Opéra de Paris, il a très tôt choisi l’indépendance pour construire une danse nourrie de théâtre et de littérature. Cette soirée, quinze ans après sa disparition, réunit deux pièces narratives et deux pas de deux. Ce contraste éclaire son goût pour les personnages et sa manière de faire basculer une relation dans un geste.
L’Arlésienne ouvre ce parcours sur la tragédie. La pièce reprend la nouvelle d’Alphonse Daudet et installe son drame dans une Provence évoquée par un décor à la Van Gogh. L’enjeu ne tient pas seulement à ce qui arrive aux personnages : il se lit dans les tensions du groupe, dans la place qu’occupe chacun autour du couple et dans la façon dont le mouvement laisse monter l’inquiétude.
À l’autre bout de la soirée, Carmen impose un rapport plus frontal à la scène. Créé à Londres en 1949 avec Zizi Jeanmaire dans le rôle-titre, ce ballet puise dans l’histoire de Mérimée. Petit y compose une héroïne qui ne se laisse pas réduire à une figure décorative. Le désir, la rivalité et l’affrontement deviennent matière chorégraphique. Pour les danseurs, ces rôles demandent autant de présence dramatique que de précision technique.
Entre ces deux récits, Thaïs et La Prisonnière resserrent le champ sur deux interprètes. Le premier est un pas de deux extrait de Ma Pavlova, inspiré par l’univers d’Anatole France. Le second vient de Proust ou les intermittences du cœur. L’intensité change d’échelle : un regard, une distance maintenue ou rompue, un appui deviennent les éléments d’une histoire. La soirée évite ainsi de répéter quatre fois le même effet.
Georges Bizet, Jules Massenet, Camille Saint-Saëns et César Franck figurent parmi les compositeurs du programme. Cette variété musicale accompagne le passage d’une œuvre à l’autre sans dissoudre la signature de Petit. Son théâtre de la danse reste lisible, que la scène accueille plusieurs personnages ou ne retienne que deux corps.

Le Ballet de l’Opéra National de Bordeaux entre dans l’univers du chorégraphe
Pour la compagnie, il ne s’agit pas simplement d’aligner des titres célèbres. Ces quatre œuvres constituent une entrée au répertoire. Les interprètes doivent retrouver le vocabulaire de Roland Petit, sa façon d’articuler les ensembles et les duos, puis donner à chaque rôle une présence qui leur appartient. Le résultat se jouera dans cette rencontre entre une écriture transmise et des artistes d’aujourd’hui.
La direction de la danse est assurée par Éric Quilleré. La production est associée au Théâtre national croate de Zagreb. Le Ballet bordelais connaît déjà l’univers de Petit : il avait présenté Notre-Dame de Paris en 2019 puis en 2024. Cette nouvelle soirée déplace le regard. Un grand ballet unique laissait suivre une histoire du début à la fin ; ici, quatre œuvres juxtaposées montrent la mobilité d’un créateur capable de changer de ton et de format.
La distribution varie selon les dates, comme le précise la fiche détaillée de la Soirée Roland Petit. L’étoile Riku Ota incarnera Frédéri dans L’Arlésienne à plusieurs reprises ; le rôle de Carmen sera partagé entre plusieurs interprètes. Ces changements peuvent modifier la couleur d’une représentation sans toucher à la chorégraphie. Ils rappellent surtout que ces personnages reprennent vie chaque soir devant le public.
L’Opéra ouvre aussi une fenêtre sur ce travail avant la première. Une répétition publique gratuite, réservée aux jeunes et étudiants de moins de 28 ans, est annoncée le lundi 5 octobre à 20 h, sur réservation. Le mercredi 7 octobre à 18 h 30, une rencontre avec l’équipe artistique et Éric Quilleré précédera la première représentation. Deux occasions de comprendre comment se construit cette entrée au répertoire.

Du 7 au 14 octobre, une soirée de danse au Grand-Théâtre
Le public pourra découvrir le programme à partir du mercredi 7 octobre, puis à plusieurs reprises jusqu’au mercredi 14. Les représentations du soir commencent à 20 h ; le samedi 10 octobre propose également une séance à 15 h. Les rendez-vous du 9 et du 13 octobre à 14 h 30 sont, eux, indiqués comme séances scolaires. Cette distinction compte au moment de choisir une date.
Comptez environ deux heures de spectacle au Grand-Théâtre de Bordeaux. Les billets sont proposés de 10 à 50 euros, selon la catégorie. La billetterie de la Soirée Roland Petit permet de sélectionner une représentation et de vérifier les places encore disponibles. Le même programme traverse toute la série, même si les distributions changent.
Cette construction en quatre pièces offre aussi une porte d’entrée aux spectateurs qui découvrent le ballet. On peut se laisser entraîner par la tension de Carmen, puis observer le travail plus resserré d’un pas de deux. Roland Petit ne demande pas de connaître les textes de Daudet, de Proust ou de Mérimée pour sentir ce qui se joue. Les histoires passent d’abord par les corps, la musique et le regard des interprètes.
C’est là que l’hommage prend son sens : non dans un portrait figé du chorégraphe, mais dans la confrontation de ses œuvres avec la scène bordelaise, pendant une semaine.
À lire aussi : Gironde : un maire a posé ses valises à Djibouti, mais garde son mandat




