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Gironde : un maire a posé ses valises à Djibouti, mais garde son mandat

À Casseuil, le maire n’a pas rendu son écharpe : il l’a emportée à Djibouti. David Gauthier, élu en 2026 dans cette commune girondine d’environ 400 habitants, a rejoint son épouse mutée pour trois ans, à quelque 5 000 kilomètres du village. Il assure continuer à administrer la mairie à distance. Une formule qui intrigue les habitants et pose une question moins amusante que la distance sur une carte : comment rester disponible quand le maire vit sur un autre continent ?

À Casseuil, un mandat municipal avec cinq mille kilomètres de trajet

Le déménagement tient à une raison familiale. David Gauthier a expliqué dans le journal communal qu’il avait suivi son épouse, mutée à Djibouti pour trois ans. Ce n’est donc pas une escapade ni un congé sabbatique. Le maire entend conserver ses fonctions pendant son séjour et affirme que cette organisation a été évoquée avec le conseil municipal et la sous-préfecture de Langon.

Sur le papier, les réunions peuvent se tenir à distance, les dossiers circuler et les décisions être préparées avec les adjoints. Mais un village n’est pas uniquement une boîte de réception. Certains habitants disent avoir appris tardivement ce changement et regrettent de ne plus pouvoir rencontrer facilement leur élu. Leurs critiques portent moins sur Djibouti que sur la manière dont la vie municipale continuera, jour après jour, au bord de la Garonne.

À Casseuil, la distance entre le maire et sa commune nourrit les interrogations sur la présence quotidienne de l’équipe municipale auprès des habitants.

L’indemnité du maire, autre sujet de débat

La discussion s’est vite déplacée vers l’argent. David Gauthier conserve une indemnité de fonction d’environ 1 155 euros bruts par mois. L’élu explique qu’il continue de traiter les dossiers et que ses retours en France entraînent des frais. Des habitants contestent cette situation ; lui répond qu’il exerce toujours son mandat. Un billet d’avion ne tranche pas, à lui seul, la question de la qualité du service rendu.

Le montant n’a rien d’une somme inventée pour cette commune : le barème national des indemnités des élus en 2026 fixe à 1 155,06 euros bruts le plafond mensuel pour un maire d’une commune de moins de 500 habitants. Ce plafond éclaire le chiffre évoqué, sans répondre à la question locale : les administrés jugeront surtout la disponibilité et les décisions prises pendant ces trois années.

Mairie

Vivre loin de sa commune n’interdit pas d’être maire

Le droit ne prévoit pas qu’un maire doive habiter en permanence dans la commune qu’il dirige. Il ne fixe pas non plus une durée maximale d’éloignement. La situation de Casseuil ne se résume donc pas à un verdict juridique immédiat. Elle dépend de la capacité de l’élu à exercer effectivement ses fonctions, à répondre aux habitants et à organiser le travail de son équipe.

Le Code général des collectivités territoriales prévoit le remplacement provisoire du maire par un adjoint, ou à défaut par un conseiller municipal, lorsqu’il est absent ou empêché. Le mot « absence » ne signifie pas automatiquement qu’un départ à l’étranger entraîne une démission ou un remplacement permanent. Il rappelle surtout qu’une commune doit pouvoir agir sans attendre le prochain vol.

Le droit organise le remplacement provisoire d’un maire absent ou empêché, mais ne tranche pas à lui seul les attentes de proximité exprimées à Casseuil.

Le vrai test se jouera au village

David Gauthier a indiqué que le conseil municipal ne souhaitait pas sa démission. Cette position n’éteint pas les questions des habitants. Qui recevra une personne venue signaler un problème de voirie ? Comment les décisions urgentes seront-elles prises ? À quelle fréquence le maire reviendra-t-il ? Sur ces points, la visibilité de l’organisation comptera davantage que les débats sur la possibilité technique du télétravail.

L’histoire prête à sourire : entre Casseuil et Djibouti, la permanence du maire a changé d’échelle. Mais le quotidien d’une commune ne se mesure pas en kilomètres. Si les adjoints, les services et le maire répondent présents, la distance restera une singularité. Sinon, elle deviendra un problème très concret pour les Casseuillais.

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