Face à l’ampleur exceptionnelle des incendies en Gironde, la Gendarmerie nationale renforce son dispositif avec dix véhicules blindés Centaure. Conçus pour progresser sur des terrains difficiles et protéger leurs équipages, ces engins doivent notamment faciliter les reconnaissances, dégager certains obstacles et sécuriser les axes empruntés par les secours. Leur arrivée illustre la mobilisation hors norme engagée autour du feu de Saumos.

Dix Centaure envoyés sur le front girondin
La gendarmerie a annoncé le déploiement, lundi soir, de dix véhicules blindés Centaure en Gironde. Ces engins viennent appuyer les unités déjà engagées autour d’un incendie qui a parcouru environ 42 000 hectares depuis son départ à Saumos. L’information, révélée par Lignes de défense, a également été relayée par l’AFP.
Leur présence peut surprendre sur un feu de forêt. Les Centaure ne sont toutefois pas engagés pour combattre directement les flammes comme des camions-citernes. Leur blindage, leur mobilité et leur capacité à franchir des passages difficiles permettent de transporter des personnels protégés, d’effectuer des reconnaissances et d’intervenir là où des routes sont encombrées ou fragilisées.
Un véhicule conçu pour les terrains difficiles
Officiellement appelé véhicule d’intervention polyvalent de la gendarmerie, le Centaure peut accueillir dix personnes : trois opérateurs et sept passagers. La Gendarmerie nationale le présente comme un engin robuste, adapté à différents types de missions et de terrains. Le programme prévoit au total 90 exemplaires destinés à remplacer progressivement les anciens véhicules blindés à roues.

Dans les secteurs incendiés, les risques persistent après le passage du front : arbres prêts à tomber, fumées épaisses, lignes électriques endommagées, chaussées obstruées et reprises soudaines. Un véhicule protégé peut ainsi servir de point d’appui pour reconnaître un itinéraire, accompagner une colonne ou aider à dégager un accès indispensable aux secours.
Des effectifs exceptionnels, mais des chiffres à distinguer
Le dispositif humain est lui aussi considérable. Certaines publications évoquent 1 500 gendarmes, mais le bilan présenté lundi par l’Élysée distingue 1 500 militaires des armées et 1 200 policiers et gendarmes. Ces forces s’ajoutent aux milliers de sapeurs-pompiers, aux moyens aériens, aux bénévoles de la sécurité civile et aux renforts étrangers.
Les gendarmes assurent plusieurs missions essentielles : accompagnement des évacuations, sécurisation des communes désertées, contrôle des barrages, régulation de la circulation et protection des biens. Ils participent également aux enquêtes destinées à déterminer l’origine des départs de feu et à interpeller les personnes qui ne respectent pas les interdictions.

Sécuriser les accès pendant une accalmie fragile
La situation s’est stabilisée lundi, mais le feu n’est pas encore fixé. Les Centaure renforcent donc un dispositif appelé à durer, notamment pour maintenir les accès, surveiller le périmètre et empêcher les retours non autorisés. Les habitants évacués doivent attendre le feu vert de leur commune ou de la préfecture avant de rejoindre leur logement.
Le déploiement de ces blindés montre que la crise dépasse la seule attaque des flammes. Elle exige aussi une logistique lourde, une surveillance permanente et une coordination étroite entre pompiers, forces de sécurité, militaires et services de l’État.
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