Les avions en escale à Bordeaux peuvent désormais être alimentés sans maintenir leur moteur auxiliaire en marche. L’aéroport annonce l’équipement de ses 29 postes de stationnement passagers, avec des prises électriques et des unités mobiles de climatisation. Ce programme de 6,5 millions d’euros doit réduire le carburant consommé au sol, le bruit et les émissions associées. L’économie de carbone annoncée atteint environ 4 100 tonnes d’équivalent CO₂ par an à partir de 2027, selon les estimations de la plateforme.
L’aéroport de Bordeaux complète l’équipement de vingt postes
Neuf postes disposaient déjà d’une alimentation électrique adaptée aux avions. Le chantier a porté sur les vingt autres, afin de couvrir l’ensemble du stationnement destiné au trafic passagers. Les prises délivrent un courant de 400 hertz, utilisé par les systèmes électriques embarqués. Les appareils peuvent ainsi être raccordés pendant leur présence au sol, lorsque les réacteurs principaux sont arrêtés.

L’alimentation électrique s’accompagne de vingt unités mobiles de climatisation, appelées PCA. Elles fournissent de l’air conditionné à la cabine. Les deux équipements répondent à des besoins différents, mais complémentaires : maintenir le fonctionnement des systèmes de bord et assurer une température adaptée pour les passagers, pendant les opérations qui séparent l’arrivée d’un avion de son prochain départ.
Jusqu’ici, ces besoins pouvaient être couverts par l’APU, un petit moteur auxiliaire installé à l’arrière de l’appareil. Il consomme du carburant pour produire de l’énergie lorsque l’avion est immobilisé. Les équipements au sol permettent aux équipages de le couper pendant l’escale, en substituant une alimentation électrique extérieure aux fonctions qu’il assurait jusque-là à bord.
Un investissement soutenu par l’Union européenne
Le coût total du projet atteint environ 6,5 millions d’euros. L’Union européenne a accordé deux millions d’euros de subvention au titre de son soutien aux infrastructures de carburants alternatifs. La Banque des Territoires participe également au financement, avec un prêt mezzanine de 2,2 millions d’euros. Le reste s’inscrit dans les investissements engagés par l’aéroport pour transformer ses équipements.

Le programme européen d’électrification des opérations au sol à Bordeaux avait été présenté en 2024. L’objectif était d’achever les vingt postes restants avant la fin de 2026. La mise en service annoncée le 21 octobre clôt donc cette étape avant l’échéance que la plateforme s’était fixée pour son propre chantier.
L’électricité fournie est présentée comme 100 % renouvelable, certifiée par des garanties d’origine. L’aéroport estime que la substitution permettra d’éviter environ 4 100 tonnes d’équivalent CO₂ par an dès 2027. Il s’agit d’une projection annuelle liée à l’utilisation des nouveaux équipements, dont le résultat dépendra notamment de leur emploi effectif pendant les escales.
Des émissions au sol, dans un secteur plus large
Cette réduction concerne le Scope 3 de l’aéroport, c’est-à-dire des émissions produites par ses partenaires et clients, ici les compagnies aériennes. Elle doit être distinguée de celles provenant directement des bâtiments ou des véhicules exploités par la plateforme. Le dispositif agit sur une phase précise du transport aérien : la présence des avions à leur poste de stationnement.

Les règles européennes applicables aux équipements aéroportuaires imposent progressivement des moyens d’alimentation électrique et d’air conditionné. Les échéances varient selon les postes et les équipements. À compter de 2030, l’électricité fournie aux avions stationnés devra notamment provenir du réseau ou être produite sur place sans recours à des combustibles fossiles.
Pour les personnes travaillant à proximité des appareils, l’arrêt du moteur auxiliaire doit aussi limiter le bruit et les rejets locaux. À Bordeaux-Mérignac, la disponibilité de ces équipements sur tous les postes passagers donne désormais aux compagnies les moyens de généraliser cette pratique à l’ensemble de leurs escales concernées.
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