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À Arès, moins de poubelles publiques pour changer les habitudes sur le Bassin

À Arès, sur le bassin d’Arcachon, certaines poubelles ont disparu du paysage depuis 2023. La municipalité demande aux habitants et aux visiteurs de repartir avec leurs déchets, puis de les trier chez eux. Trois ans après le lancement de cette expérience, la Ville dit observer une évolution des comportements. Elle garde toutefois la possibilité de réinstaller des équipements là où les usages le nécessitent.

Des poubelles retirées dans trois secteurs fréquentés

Au départ, il y a un constat très concret : dans plusieurs lieux d’Arès, les corbeilles n’empêchaient ni les dépôts sauvages ni les incivilités. La commune a choisi de les retirer à Saint-Brice, au Triangle Pereire et sur l’esplanade Georges Dartiguelongue. Le geste peut surprendre lorsqu’on cherche où jeter l’emballage d’un goûter ou le reste d’un pique-nique. Il repose sur une consigne simple : ce que l’on apporte, on le remporte.

La mesure ne signifie pas la fin de la collecte des déchets dans la ville. Les ordures ménagères continuent d’être ramassées en porte à porte, selon un calendrier qui dépend de l’adresse. Les habitants disposent aussi de bacs de tri accessibles à l’entrée de la déchèterie. C’est bien l’usage de certaines poubelles de rue qui change, et non le service domestique de collecte.

Sur ces espaces, la municipalité mise sur la responsabilité des usagers. La promenade ou la pause sur le littoral s’achève désormais avec un sac à emporter. Pour un visiteur de passage, le réflexe mérite d’être anticipé avant de quitter son lieu de balade. Pour les riverains, il s’inscrit dans un quotidien où le tri se fait à la maison plutôt qu’au coin d’une allée.

À Arès, des poubelles publiques ont été retirées à Saint-Brice, au Triangle Pereire et sur l’esplanade Georges Dartiguelongue.

Une politique qui demande aussi du travail sur le terrain

Selon la Ville, les habitudes évoluent progressivement. Elle ne publie toutefois, dans sa présentation de la démarche, ni tonnage comparatif ni bilan chiffré des dépôts sauvages. Il serait donc prématuré d’affirmer que leur volume a baissé. La commune rapporte surtout un changement de comportement et explique que ses agents ont dû adapter leurs tournées.

Les services techniques repèrent les endroits où les déchets réapparaissent et interviennent rapidement pour éviter qu’un premier dépôt n’en attire d’autres. La suppression d’une corbeille ne dispense donc pas la collectivité de surveiller les lieux. Elle déplace une partie de l’effort vers la prévention, le repérage et la réaction sur les points sensibles.

Le principe vaut aussi pour les marchés du mardi et du dimanche. À l’issue de leur activité, les commerçants repartent avec leurs propres déchets. Ce fonctionnement donne une traduction très concrète à la démarche : le nettoyage des espaces fréquentés ne dépend plus seulement d’un équipement posé sur place, mais également des pratiques de ceux qui les utilisent.

La Ville demande aux commerçants des marchés du mardi et du dimanche de repartir avec leurs déchets.

Cendriers, canisettes : des réponses selon les besoins

À Arès, le choix n’est pas présenté comme définitif. La municipalité indique qu’elle pourra remettre des équipements spécifiques dans certains secteurs si la fréquentation ou les retours des habitants le justifient. Le dispositif reste donc ajustable, avec une attention portée aux déchets qui ne se gèrent pas tous de la même façon.

La question des mégots en est un exemple. La Ville travaille avec l’éco-organisme ALCOME pour repérer les lieux les plus concernés et déterminer où de futurs cendriers seraient utiles. Les canisettes, elles, restent à la disposition des propriétaires de chiens. La commune rappelle qu’elles sont réservées aux déjections canines : elles ne remplacent pas les corbeilles retirées pour les autres déchets.

Pour les habitants qui souhaitent vérifier les modalités de collecte ou obtenir un composteur, la page pratique de la Ville d’Arès renvoie vers la COBAN et son service déchets. La commune détaille également sa démarche zéro déchet. Sur le Bassin, l’expérience arésienne pose une question très quotidienne : jusqu’où une ville peut-elle compter sur les gestes de chacun pour garder ses espaces publics propres ?

La commune étudie avec ALCOME l’emplacement de futurs cendriers dans les secteurs sensibles.

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