Sur la rive droite, le Belvédère n’est plus seulement une promesse dessinée face aux façades du XVIIIe siècle. Environ 3 300 habitants se sont déjà installés entre le pont de Pierre et le pont Saint-Jean. Une nouvelle opération marque aujourd’hui le passage à une phase plus résidentielle : 544 logements familiaux et étudiants, une crèche et des services doivent prendre place sur le plus grand îlot engagé à ce stade.

Trois bâtiments et trois façons d’habiter
L’îlot EB2A sera occupé par BordoTempo, BordoAlto et BordoNéo. Le programme réunit 164 logements familiaux : 64 en accession libre, 15 en bail réel solidaire, 67 logements sociaux et 18 logements intermédiaires. À cette offre s’ajoutent 380 logements étudiants, dont 140 en résidence sociale. Ce mélange répond à une question concrète : comment accueillir des ménages et des étudiants sans fabriquer une enclave réservée à un seul niveau de revenu ?
La programmation ajoute trois espaces pour les commerces ou les services, une crèche et un stationnement de 142 places. Elle ne constitue pas un quartier autonome : elle vient compléter les équipements déjà livrés, dont le groupe scolaire de 18 classes et le jardin sportif Suzanne-Lenglen. La vie quotidienne devient ici le véritable indicateur d’avancement, plus parlant que les seules grues visibles depuis les quais.
L’ampleur du logement étudiant modifiera les rythmes du secteur. Arrivées de rentrée, déplacements vers les campus, besoins de commerces abordables et espaces de travail partagés devront être absorbés par un quartier déjà habité. La présence d’une résidence sociale peut élargir les profils accueillis, mais elle suppose aussi des services accessibles. La mixité annoncée se vérifiera dans les usages, pas seulement dans la répartition des statuts immobiliers.



Le quartier cherche encore ses continuités
Le Belvédère occupe une position singulière, entre la Garonne et les voies ferrées. Son aménagement vise à renouer des passages longtemps coupés, notamment grâce aux trémies Benauge et Tregey en cours de réalisation. Le reprofilage du pont Saint-Jean a déjà modifié les échanges avec la rive gauche. La présentation officielle de Deschamps-Belvédère détaille ces connexions, les équipements et les espaces paysagers.
Côté fleuve, le parc aux Angéliques prolonge une continuité végétale du pont Chaban-Delmas au pont Saint-Jean. À l’intérieur, le jardin sportif de 4,2 hectares rassemble football, hockey sur gazon, tennis, multisport et athlétisme. Ces lieux donnent au quartier des usages qui dépassent ses immeubles. L’enjeu est de relier les morceaux, pour que la voie ferrée, les grands boulevards et les chantiers ne dictent pas durablement les parcours.

Une place centrale déjà mise à l’épreuve
La place Marie-de-Gournay concentre commerces et restaurants. Une enquête menée auprès des habitants, salariés et visiteurs a porté sur les mobilités, le cadre de vie, l’ambiance et les services. Sa restitution montre que le projet se mesure désormais aux usages réels. Les documents sont accessibles sur la page de l’enquête Deschamps-Belvédère.
Le quartier bénéficie du stade 2 du label ÉcoQuartier. Cette reconnaissance porte sur le projet et son processus, mais ne règle pas à elle seule les questions de confort, d’animation ou de mobilité. L’arrivée de nouveaux habitants augmentera la fréquentation des écoles, des transports et des espaces publics. Les équipements devront suivre le peuplement, faute de quoi le balcon sur la Garonne pourrait rester une addition de programmes juxtaposés.
Le projet complet porte sur environ 140 000 m² répartis sur 9,3 hectares. Ce volume explique son développement par étapes plutôt que par inauguration unique. Les prochains bâtiments augmenteront fortement la population étudiante et familiale. Ils devront surtout confirmer une promesse plus difficile à tenir que la construction elle-même : faire du Belvédère un morceau ordinaire de Bordeaux, habité toute la journée et relié aux deux rives.
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