Samedi 19 septembre 2026, les portes habituellement franchies pour une audience, une formation ou une démarche juridique s’ouvriront aux visiteurs. À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, l’îlot judiciaire de Bordeaux réunit quatre institutions dans un parcours exceptionnel : tribunal judiciaire, cour d’appel, École nationale de la magistrature et Maison de l’Avocat. Une journée pour regarder la justice depuis ses coulisses.

Entre la place de la République, le parvis des Droits-de-l’Homme et la rue des Frères-Bonie, Bordeaux possède un ensemble architectural rarement accessible dans sa globalité. Cette ouverture coordonnée permettra de passer d’un bâtiment du XIXe siècle à une réalisation contemporaine, puis de rencontrer celles et ceux qui font vivre l’institution.
Quatre portes d’entrée sur la justice bordelaise
Le parcours associe d’abord le tribunal judiciaire de Bordeaux, inauguré en 1998. Imaginé par l’architecte britannique Richard Rogers, également coauteur du Centre Pompidou, le bâtiment revendique une justice visible et accessible. Derrière sa grande enveloppe de verre, ses salles d’audience prennent la forme de coques en bois suspendues, évoquant des ruches, des graines ou même des cuves liées à l’univers viticole bordelais.
Face à cette architecture contemporaine, le palais Thiac raconte une autre époque. Construit en 1846 et inscrit au titre des monuments historiques depuis 1979, il accueille aujourd’hui la cour d’appel de Bordeaux. Son vocabulaire néoclassique, son péristyle et sa salle des pas perdus montrent comment le XIXe siècle mettait en scène l’autorité judiciaire.

Le public pourra aussi découvrir l’École nationale de la magistrature, installée dans l’ancien fort du Hâ. Ce lieu relie l’histoire défensive de Bordeaux à la formation actuelle des magistrats. La Maison de l’Avocat complétera le parcours en présentant le rôle du barreau et les missions exercées quotidiennement par les avocats.
Des professionnels à rencontrer
L’intérêt de cette journée ne tient pas seulement aux façades. Le tribunal judiciaire accueillera de 10 h à 17 h un forum des métiers de la justice. Des professionnels répondront aux questions du public, expliqueront leurs missions et rendront plus concrète une organisation souvent perçue comme complexe. L’occasion de comprendre ce qui se joue avant, pendant et après une audience.
À la Maison de l’Avocat, ouverte de 14 h à 21 h, des visites guidées sont annoncées entre 14 h et 17 h. Elles permettront de découvrir l’histoire du bâtiment tout en échangeant avec des membres du barreau de Bordeaux. De 18 h à 21 h, la Nuit des escaliers prolongera la journée avec des concerts de trente minutes donnés par le Chœur du Barreau, en partenariat avec l’Opéra national de Bordeaux.

Dans les autres sites, le programme mêlera visites et présentations consacrées aux lieux, aux métiers et au fonctionnement de la justice. Certains espaces étant soumis à des jauges ou à des contrôles d’accès, mieux vaut consulter le programme officiel de l’ouverture de l’îlot judiciaire avant de se déplacer.
Un patrimoine où dialoguent verre, bois et pierre
L’îlot judiciaire résume plusieurs siècles d’histoire bordelaise dans un périmètre resserré. Les vestiges du fort du Hâ, le palais Thiac et le tribunal de Richard Rogers racontent trois manières de bâtir et de représenter l’autorité publique. Dans l’atrium du tribunal, une cloche en bronze de Pascal Convert ajoute un autre symbole : celui de l’impartialité, tout en faisant écho à la Grosse Cloche de Bordeaux.
La journée se tiendra samedi 19 septembre. L’accès et les horaires varient selon les institutions et les animations ; certaines séquences peuvent nécessiter une inscription. Le détail actualisé figure sur la page officielle consacrée à l’histoire et au patrimoine de la cour d’appel de Bordeaux.
Pour les visiteurs, cette ouverture offre une occasion rare : entrer dans des salles habituellement associées aux procédures, observer leur architecture et rencontrer les professionnels qui y travaillent. Le patrimoine judiciaire cesse alors d’être un décor fermé pour devenir un morceau vivant de la ville.
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