Le bâtiment est prêt, mais le pôle d’imagerie médicale de l’avenue Thiers n’accueillera pas les patients annoncés. Construit au 144 avenue Thiers à Bordeaux et livré à la fin de 2025, l’ensemble de 2 800 m² devait réunir consultations, scanner et IRM. Le projet porté par NFU Santé a été stoppé après le refus d’autorisation d’imagerie par l’agence régionale de santé, puis la liquidation de l’entreprise pendant l’été 2026.

Un bâtiment neuf sans l’activité médicale promise
Le projet affichait une ambition considérable pour la rive droite : une trentaine de praticiens, plusieurs spécialités et jusqu’à 150 000 patients par an. L’investisseur Magellim avait engagé environ 14 millions d’euros dans l’opération immobilière. Le bâtiment a été livré entre la fin de 2025 et le début de 2026, mais son ouverture au public n’a jamais suivi. Le contraste entre la construction achevée et l’absence de soins sur place explique l’interrogation des riverains.
Le projet remontait à des échanges engagés en 2019. NFU Santé voulait associer consultations et équipements d’imagerie lourde dans un même ensemble. Pour un patient, l’intérêt aurait été de limiter la dispersion des rendez-vous entre plusieurs établissements. Cette promesse reposait cependant sur une condition décisive : obtenir les autorisations nécessaires pour le scanner et l’IRM. Un immeuble livré ne vaut pas autorisation d’exploiter ces équipements.
L’agence régionale de santé a refusé cette implantation d’imagerie, au regard de la planification régionale des équipements et de l’offre déjà présente en Gironde. Le projet régional de santé de Nouvelle-Aquitaine fixe le cadre dans lequel les autorisations sont appréciées. Le refus ne constitue pas une appréciation de la qualité du bâtiment ; il porte sur la répartition territoriale de l’offre médicale autorisée.

La liquidation de NFU Santé a fermé la dernière issue
Après le blocage de l’imagerie, NFU Santé a été placée en liquidation judiciaire pendant l’été 2026. L’entreprise qui devait exploiter le site ne peut plus mener l’ouverture annoncée. Plusieurs médecins qui étaient associés à cette perspective ont poursuivi leur activité ailleurs. La liquidation et le refus d’autorisation sont deux faits liés à l’échec du projet, mais ils ne suffisent pas à établir, à eux seuls, une responsabilité unique.
Magellim, propriétaire ou investisseur du bâtiment selon le montage immobilier, cherche désormais un autre occupant. La destination future de ces 2 800 m² n’est pas arrêtée. Le site pourrait accueillir une activité différente, mais aucune ouverture de remplacement ne doit être présentée comme acquise. Des différends subsistent entre les acteurs du projet sur les conséquences financières de cet échec ; leurs positions ne transforment pas une hypothèse de reprise en accord signé.
L’article du Code de la santé publique sur les équipements matériels lourds soumis à autorisation rappelle pourquoi un scanner ou une IRM ne s’installe pas librement dans un immeuble neuf. La question n’est pas seulement immobilière : elle touche à l’organisation des soins, à la répartition des plateaux techniques et à la décision de l’autorité sanitaire. C’est ce verrou qui a fait basculer le calendrier du projet de l’avenue Thiers.

Ce qui reste certain pour les patients
Il n’y aura pas, dans les conditions annoncées, de nouveau grand centre mêlant consultations et imagerie au 144 avenue Thiers. Les 150 000 patients annuels évoqués étaient une projection du projet, non une fréquentation observée. Le montant investi décrit l’opération immobilière, pas un service médical déjà rendu. Ces distinctions comptent pour éviter de transformer une ambition abandonnée en établissement qui aurait fermé après avoir fonctionné.
Le bâtiment reste là, visible, et son avenir dépend désormais d’une nouvelle affectation. Pour la rive droite, l’échec laisse surtout une question concrète : quelle offre de soins pourra réellement occuper un ensemble conçu pour la santé ? À ce stade, aucune réponse définitive n’a été annoncée. L’ouverture du pôle initial, elle, n’aura pas lieu.
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