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À Lormont, Coop’Alpha défend depuis vingt ans une autre façon d’entreprendre

Créer son activité sans rester seul face à la comptabilité, aux démarches et aux premiers clients : Coop’Alpha a construit son modèle sur ce principe. Fondée à Lormont le 17 octobre 2006, la coopérative d’activité et d’emploi fête ses vingt ans. Elle accompagne aujourd’hui 169 entrepreneurs et revendique plus de 3 000 personnes soutenues depuis sa création. Son anniversaire intervient alors que la baisse des subventions modifie son équilibre financier.

Coop’Alpha, une entreprise commune pour des activités différentes

La coopérative est née comme la première structure de ce type en Aquitaine. Le professionnel y développe sa clientèle et son métier au sein d’une entreprise partagée, qui prend en charge des fonctions administratives et comptables. Il peut ainsi éprouver son activité sans créer immédiatement une société distincte ni assurer seul toute sa gestion.

Coop’Alpha a accompagné 3 189 entrepreneurs depuis sa création à Lormont le 17 octobre 2006.

Le fonctionnement des coopératives d’activité et d’emploi prévoit différentes étapes, du test de l’activité à un éventuel contrat d’entrepreneur salarié associé. Le chiffre d’affaires ne devient pas automatiquement un revenu disponible : les charges de l’activité et celles du cadre collectif entrent dans le calcul. L’accompagnement ne dispense donc pas de trouver des clients et de construire une activité viable.

Une cinquantaine de métiers se côtoient chez Coop’Alpha. Le bâtiment relève toutefois d’une autre coopérative, Coop&Bat. Cette séparation tient aux particularités de ces activités, tandis que Coop’Alpha réunit des professionnels aux prestations très différentes. Les échanges entre membres permettent aussi de composer des réponses communes lorsqu’une commande nécessite plusieurs compétences.

Des regroupements se sont formés sous des marques collectives. Transit, consacré à l’habitat nomade, associe ainsi une dizaine d’entrepreneurs. Ce type de projet donne une traduction commerciale à la coopération : des professionnels gardent leur spécialité, mais peuvent réunir leurs savoir-faire autour d’une même offre et d’un même client.

Trois mille parcours accompagnés, des tailles d’activité variables

Le bilan dressé pour les vingt ans recense 3 189 entrepreneurs accompagnés. Coop’Alpha fait également état de 897 emplois créés sur dix ans. Ces chiffres décrivent des périodes et des réalités différentes : ils ne correspondent pas à autant de personnes employées simultanément dans la coopérative. Ils rendent compte de son rôle d’accueil, de test et de développement dans la durée.

Pour 2026, la structure annonce 2,9 millions d’euros de chiffre d’affaires et 169 entrepreneurs. Elle compte 79 sociétaires, qui participent à la vie et aux décisions de l’entreprise coopérative. Tous les professionnels accueillis ne se trouvent pas au même stade de leur parcours, ce qui explique la différence entre ces deux effectifs.

La contribution des entrepreneurs de Coop’Alpha atteint 12 % de la marge brute, avec un minimum mensuel de 50 euros.

Le passage au sociétariat constitue un élément du modèle. Le cadre légal de l’entrepreneur salarié prévoit qu’il devienne associé dans un délai maximal de trois ans à compter de son contrat, en tenant compte, le cas échéant, de la phase préalable prévue par la loi. L’appartenance à la coopérative comporte ainsi une dimension de gouvernance.

Karine Labat-Papin dirige la structure depuis son origine. Avec Sophie Cognée à la présidence, la coopérative poursuit son développement en Gironde et en Dordogne. La communication numérique fait partie des investissements engagés pour mieux faire connaître ce statut, moins immédiatement identifiable que la création d’une entreprise individuelle ou d’une société classique.

La baisse des aides change le financement collectif

L’anniversaire ne masque pas les contraintes budgétaires. La diminution des subventions conduit Coop’Alpha à renforcer la participation des entrepreneurs. La contribution est passée de 11 à 12 % de la marge brute, avec un minimum fixé à 50 euros par mois. Auparavant, un membre sans chiffre d’affaires ne versait pas cette participation minimale.

Cette évolution touche directement le coût du cadre collectif pour les activités encore fragiles ou irrégulières. Elle permet aussi à la coopérative de financer l’accompagnement et les services partagés. Vingt ans après sa création, son défi consiste à préserver cet appui commun tout en assurant l’équilibre d’une structure qui accueille précisément des parcours en construction.

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