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Cheops Technology : la croissance du groupe de Canéjan portée vers l’IA privée

Cheops Technology clôt son exercice 2025-2026 avec un chiffre d’affaires consolidé de 214,4 millions d’euros, en hausse de 6,77 %. Le groupe informatique installé à Canéjan améliore son résultat d’exploitation, mais son bénéfice net recule. Derrière ces comptes, l’entreprise développe une offre d’intelligence artificielle privée, hébergée en France, pour les organisations qui veulent utiliser leurs données sans les confier à des services grand public.

Cheops Technology progresse, avec des résultats contrastés

Les comptes portent sur l’exercice clos le 30 avril 2026. Le chiffre d’affaires consolidé passe de 200,8 à 214,4 millions d’euros. Le résultat d’exploitation augmente de 11,8 à 13,2 millions d’euros, soit une progression de 12,37 %. L’activité courante du groupe dégage ainsi davantage de résultat avant les éléments financiers, exceptionnels et fiscaux.

Cheops Technology publie 214,4 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé pour son exercice clos le 30 avril 2026.

Le bénéfice net ne suit pourtant pas cette pente. Il atteint 8,4 millions d’euros, en baisse de 5,19 %. Le groupe explique ce recul par des dépréciations exceptionnelles de créances. Son résultat courant baisse à peine, à 12,1 millions d’euros. La croissance commerciale et la rentabilité opérationnelle s’améliorent donc, sans se traduire par une hausse du résultat final.

Ces montants concernent le périmètre consolidé. Les comptes de la société Cheops Technology seule affichent un chiffre d’affaires différent, de 176,7 millions d’euros, en progression de 7,64 %. Les deux séries ne se remplacent pas : la première permet de suivre le groupe, la seconde l’entité juridique prise isolément. Les comptes annuels ont été certifiés par les commissaires aux comptes.

Une IA hébergée en France pour travailler sur les données internes

La stratégie met désormais en avant iCod Private AI. Cette offre permet d’exécuter des modèles ouverts sur les infrastructures du groupe, avec plusieurs niveaux de puissance et de raisonnement. Les données sont traitées dans un environnement privé hébergé en France. Une extension aux infrastructures suisses figure parmi les développements annoncés.

Le groupe de Canéjan développe iCod Private AI, avec des modèles ouverts exécutés sur ses infrastructures hébergées en France.

Le choix de cet hébergement répond à une difficulté précise des entreprises : leurs documents de travail peuvent contenir des informations commerciales, des données personnelles ou des éléments confidentiels. Les envoyer dans un outil d’IA sans connaître ses conditions de traitement expose l’organisation. Les recommandations de la CNIL sur l’IA générative insistent sur cette maîtrise des données et des usages.

Une infrastructure française ne signifie pas, pour autant, que tous les modèles employés ont été conçus en France. L’offre repose sur l’exécution de modèles ouverts dans un cadre contrôlé. La localisation de l’hébergement, l’origine du modèle et les droits d’accès constituent des questions différentes pour le client, même si elles se retrouvent réunies sous le terme de souveraineté.

Cheops décline cette approche avec AMON, un assistant destiné aux professionnels, proposé à partir de vingt utilisateurs, avec deux formules annoncées. L’enjeu consiste à intégrer l’IA dans le travail quotidien des équipes. Le groupe cherche ainsi à vendre un service utilisable par les métiers, au-delà de la seule capacité de calcul mise à leur disposition.

Le résultat d’exploitation de Cheops progresse, tandis que son bénéfice net recule sous l’effet de dépréciations exceptionnelles.

Le cloud et la cybersécurité restent les autres piliers

Le groupe compte plus de 750 collaborateurs, douze implantations françaises, une filiale suisse et huit centres de données. Cet ensemble soutient ses activités d’hébergement, de services informatiques et de sécurité. Son offre de centre opérationnel de cybersécurité, CyberPatriot, compte une centaine de contrats selon les données communiquées par l’entreprise.

La promesse d’une IA privée ne supprime pas les précautions d’utilisation. Les conseils de Cybermalveillance.gouv.fr sur les outils d’IA rappellent notamment les risques liés aux informations saisies et à la fiabilité des réponses. Pour Cheops, le développement commercial se joue donc aussi dans l’encadrement concret des usages, pas seulement dans l’hébergement.

D’autres offres restent au stade du déploiement annoncé, dont iCod Open et des services financiers associés. Elles dessinent la suite de la stratégie, tandis que les comptes publiés mesurent un exercice terminé. Cette distinction permet de suivre ce qui relève des revenus acquis et ce qui doit encore produire ses effets dans l’activité du groupe girondin.

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