Après les incendies qui ont ravagé 42 000 hectares et détruit 240 maisons en Gironde, Alain Rousset demande à l’État la création d’une base permanente de bombardiers d’eau en Nouvelle-Aquitaine. Le président de Région doit porter cette proposition ce lundi 17 août à Mérignac, lors de la venue du Premier ministre Sébastien Lecornu consacrée à la reconstruction.
Des moyens aériens installés durablement dans le Sud-Ouest
La demande revient au premier plan après un été marqué par des incendies d’une ampleur exceptionnelle. Pour Alain Rousset, le système actuel de prépositionnement temporaire ne suffit plus à protéger un territoire soumis à des feux plus fréquents et plus violents. Il souhaite que des avions bombardiers d’eau soient basés toute l’année dans la région, avec des équipes et une organisation capables d’intervenir rapidement dès les premiers départs de feu.
L’enjeu tient d’abord au temps de réponse. Les principaux moyens aériens nationaux dépendent aujourd’hui de la base de la Sécurité civile située à Nîmes. Une implantation dans le Sud-Ouest permettrait de réduire les délais d’arrivée sur les massifs girondins et landais, particulièrement vulnérables lors des périodes de sécheresse et de canicule. La proposition doit être présentée à Sébastien Lecornu lors d’une réunion organisée sur le site de Technowest, à Mérignac.

Mont-de-Marsan et Mérignac parmi les pistes évoquées
Le principe d’une seconde implantation aérienne avait déjà été annoncé en août 2023, un an après le mégafeu de Landiras. Mont-de-Marsan apparaissait alors comme le site privilégié pour accueillir une « base fille » de la Sécurité civile. Trois ans plus tard, le projet n’a pas abouti et les moyens continuent d’être déployés ponctuellement selon le niveau de risque.
Alain Rousset estime que cette promesse restée sans suite a pesé sur la capacité de réponse pendant les feux de l’été 2026. Il ne ferme toutefois pas la porte à une autre implantation. Mont-de-Marsan et Mérignac disposent toutes deux d’atouts aéronautiques, logistiques et opérationnels. Pour le président de Région, le choix précis du site importe moins que la décision de créer enfin une base pérenne.
La métropole bordelaise peut notamment s’appuyer sur un écosystème industriel déjà structuré. Aérocampus Aquitaine forme des professionnels de la maintenance aéronautique, tandis que Sabena Technics, implantée à Mérignac, assure la maintenance des Canadair français et emploie environ 1 000 personnes sur place. Le site d’Aérocampus Aquitaine présente les formations et infrastructures disponibles dans la région.

La prévention en forêt au cœur de la demande régionale
Les avions ne constituent qu’un volet des propositions portées par la Région. Alain Rousset réclame également un plan de plus grande ampleur pour maintenir l’eau dans les forêts et limiter leur assèchement. Sous les pins, la végétation basse devient rapidement inflammable lorsque les températures montent et que l’humidité disparaît. Les travaux de reméandrage des cours d’eau, l’optimisation hydraulique et la restauration des zones humides font partie des solutions déjà expérimentées depuis 2022.
La volonté affichée est désormais de changer d’échelle sur l’ensemble du massif des Landes de Gascogne. La réflexion porte aussi sur la densité des plantations, la santé des arbres et l’accompagnement économique des sylviculteurs. La Région Nouvelle-Aquitaine détaille ses politiques publiques et ses dispositifs liés à l’environnement, tandis que le ministère de l’Intérieur présente l’organisation et les missions de la Sécurité civile.
Une décision attendue pendant la reconstruction
La venue du Premier ministre doit permettre d’installer la mission chargée de la reconstruction en Gironde et dans les Landes. Les élus locaux attendent cependant des engagements qui dépassent la remise en état des zones sinistrées. Avec 42 000 hectares brûlés et 240 maisons détruites, la question porte désormais sur la préparation des prochains étés.
Une base permanente représenterait un investissement lourd, tant pour les appareils que pour les personnels et la maintenance. Mais ses défenseurs considèrent qu’elle offrirait une capacité de réaction mieux adaptée au risque régional. La demande formulée à Mérignac ouvre donc un débat très concret : celui de la place que l’État souhaite donner au Sud-Ouest dans la future organisation nationale de lutte contre les feux.

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