La gare de Langon a enregistré 998 000 voyageurs en un an, selon les chiffres transmis par la SNCF à la mairie. Le seuil du million n’est plus qu’une marge statistique. Cette fréquentation accélérée remet en lumière un décalage : la gare reste officiellement non équipée pour une accessibilité complète. Une étude de 150 000 euros doit désormais revoir les quais et le franchissement des voies, tandis qu’un pôle d’échanges se prépare autour du site.

Une fréquentation presque doublée depuis 2020
En 2020, année marquée par les confinements, la gare comptait 533 000 voyageurs. Ils étaient 674 000 en 2021 et 924 000 en 2023 dans les données publiques. Le dernier total atteint 998 000 passages. Le nombre de trains est passé de 55 à 80 par jour, dans les deux sens. La croissance a donc été beaucoup plus rapide que les projections qui situaient le million à un horizon plus lointain.
Cette fréquentation ne correspond pas uniquement à des départs vers Bordeaux. Des salariés, étudiants et patients rejoignent aussi Langon, qui concentre des emplois, un campus et l’hôpital du Sud-Gironde. La gare fonctionne dans les deux directions. Ce rôle territorial explique pourquoi son accessibilité et les correspondances locales deviennent des enjeux de service public, et pas seulement des questions de confort pour les navetteurs du matin.

150 000 euros pour remettre l’étude à jour
L’État et la SNCF financent une étude de 150 000 euros consacrée à la mise en accessibilité. Elle actualisera un premier travail réalisé en 2014, à une époque où la fréquentation était nettement plus faible. Les quais, leur hauteur et le passage d’une voie à l’autre devront être examinés. Le quai central, particulièrement étroit, concentre les difficultés pour les fauteuils, poussettes, bagages ou voyageurs ayant du mal à se déplacer.
La page de la gare de Langon sur SNCF Gares & Connexions indique aujourd’hui une gare « non équipée », tout en mentionnant les services d’assistance. Ces aides humaines ne remplacent pas des aménagements permanents. Le maire Jérôme Guillem souhaite aussi un classement en gare nationale, qu’il considère comme un moyen d’avancer dans le calendrier, sans demander pour autant un arrêt de TGV.
Bus, vélos et covoiturage doivent absorber la croissance
Autour de la gare, l’accord de pôle d’échanges réunit l’État, la Région, le Département, Bordeaux Métropole, la Ville et la SNCF. Le projet prévoit une gare routière, un parking à étages et un parvis plus calme. Les travaux sont annoncés à partir du second semestre 2028. La même année, une liaison ferroviaire doit relier Langon à Saint-Mariens sans changement à Bordeaux.

Les bus gratuits de Sud-Gironde Mobilités placent déjà la gare au premier rang des arrêts de Langon, avec près d’une montée sur cinq sur la ligne B. Trente-cinq vélos électriques en libre-service sont répartis sur quatre stations, dont une devant les quais. Deux voitures Citiz sont disponibles en ville. Les informations sur les transports régionaux sont regroupées sur le portail Mobilités de Nouvelle-Aquitaine.
Le risque d’une gare entourée de voitures
La hausse du train peut paradoxalement augmenter le trafic automobile si les correspondances restent insuffisantes. Des parkings relais sont à l’étude pour éviter que les rues de Langon servent de stationnement à la journée. Les lignes de covoiturage vers Pessac, Mérignac et Villenave-d’Ornon complètent le dispositif, avec un départ garanti selon les conditions du service. L’intermodalité devient la condition du succès ferroviaire.
Le million de voyageurs constitue un symbole, mais pas une solution. La priorité est maintenant de transformer la croissance en parcours plus simples : atteindre la gare sans voiture, changer de quai, prendre un bus ou repartir à vélo. À Langon, la fréquentation a devancé les infrastructures. L’étude d’accessibilité et le pôle d’échanges doivent désormais rattraper ce décalage.
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