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Gironde : trente camions de pompiers encore immobilisés après le mégafeu de Saumos

Le feu est éteint, mais une partie de la bataille se poursuit dans un atelier du nord de Bordeaux. Mi-septembre, une trentaine de camions de pompiers restaient immobilisés, certains à cause du mégafeu de Saumos, d’autres pour des dommages plus anciens. Les mécaniciens du SDIS 33 doivent remettre un maximum d’engins en service avant février 2027, alors que la saison des incendies commence de plus en plus tôt.

Les ateliers du SDIS 33 réparent encore des véhicules touchés pendant le mégafeu de Saumos et d’autres interventions antérieures.

Quarante véhicules touchés, deux entièrement brûlés

Le SDIS de la Gironde dispose de 190 camions-citernes feux de forêt. Pendant l’incendie de Saumos, qui a parcouru 42 000 hectares en dix jours fin juillet, une quarantaine ont subi des dégâts. Deux engins, estimés à environ 400 000 euros chacun, ont entièrement brûlé. Réservoirs enfoncés, gaines fondues, filtres carbonisés et pare-chocs déformés racontent la violence thermique mieux qu’un simple bilan comptable.

Les deux carcasses calcinées montrent jusqu’où la chaleur est montée : leurs cuves en aluminium ont été éventrées, alors que ce métal fond autour de 600 °C. Pour les autres véhicules, les réparations mobilisent des pièces, des diagnostics et des essais. Une remise en route trop rapide exposerait les équipages. La disponibilité opérationnelle dépend donc d’un travail lent, précis et largement invisible après la fin des images de l’incendie.

Sur les 190 camions-citernes feux de forêt du département, environ quarante ont été endommagés et deux ont entièrement brûlé.

Soixante-dix agents entretiennent les camions

Deux mois après le sinistre, 70 agents chargés de la maintenance travaillent encore sur le parc. L’ensemble du groupement technique et logistique compte 150 personnes et ne s’occupe pas seulement des poids lourds. Casques, bottes, matériels d’intervention, carburant et équipements des casernes passent aussi par ce site stratégique. Réparer les camions ne suspend pas l’activité ordinaire : accidents, secours à personne et incendies urbains continuent dans tout le département.

Pendant le mégafeu, les équipes ont basculé en fonctionnement intensif. Des camions-ateliers ont été envoyés près du front, tandis que deux à trois semi-remorques de gazole arrivaient chaque jour. Des agents ont renoncé à leurs congés et certains mécaniciens ont travaillé par rotations de douze heures. Cette chaîne logistique explique comment les engins peuvent repartir sur le terrain malgré les chocs, la chaleur, le sable et les longues heures d’engagement.

La flotte s’est renforcée depuis 2022

Les incendies de 2022 avaient déjà conduit le SDIS 33 à commander 42 nouveaux camions-citernes feux de forêt moyens. Leur garde au sol et leurs équipements répondent aux terrains meubles des pinèdes girondines. La page consacrée au renforcement de la flotte détaille cette montée en capacité. Elle n’annule pas le besoin de maintenance : un parc plus nombreux demande aussi davantage d’entretien, de pièces et de techniciens.

Le groupement technique et logistique entretient les véhicules mais aussi les équipements individuels et le matériel nécessaires aux interventions quotidiennes.

Le catalogue des matériels du SDIS 33 rappelle que les camions forestiers ne représentent qu’une partie des moyens. Fourgons, échelles, véhicules sanitaires et engins spécialisés doivent rester disponibles simultanément. La prochaine urgence ne sera pas forcément un feu de forêt : tempêtes et inondations peuvent solliciter cet hiver des véhicules encore en réparation.

Février 2027 comme ligne d’arrivée

L’objectif des ateliers est de retrouver le maximum de disponibilité au début de la prochaine saison, en février. Les fournisseurs doivent pouvoir livrer rapidement des pièces parfois spécifiques à des véhicules lourds. Les équipes arbitrent entre réparations courantes, dommages du mégafeu et renouvellement des matériels. Le calendrier climatique réduit la période de répit : attendre le printemps pour préparer les engins serait déjà trop tard.

La lutte contre les incendies commence donc bien avant la fumée. Elle passe par des ateliers, des stocks, des contrôles et des agents rarement visibles. Les trente camions immobilisés mesurent le coût différé du feu. Les remettre en service ne changera pas les hectares brûlés, mais conditionnera directement la capacité de la Gironde à affronter la prochaine saison.

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